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Confessions d'une groupie

Confessions d'une groupie

Attention, certains passages sont légèrement explicites




Confessions d'une groupie


Parce qu'un fantasme ne devrait jamais devenir réalité, qu'il est par définition irréalisable.
Parce qu'un fantasme est utopique et que s'il se matérialise dans le monde réel, celui-ci déteint sur lui et l'encrasse.
Parce qu'un fantasme n'a pas sa place ailleurs que dans notre imagination et que s'il s'exauce, il s'ensuit des conséquences graves imprévues ou ignorées dans notre esprit.


Je ne sais pas si tu liras un jour cette lettre... Si j'oserais te la donner... Mais j'ai besoin de l'écrire. En espérant que je ne serais pas assez lâche pour te laisser dans le mensonge et l'ignorance toute ta vie, et que je te la remettrais un jour.
Aujourd'hui, j'ai un peu plus de seize ans, et c'est peut-être l'âge que tu auras quand tu me liras.
Cependant, avant d'aller plus loin, je veux tout d'abord m'excuser. Pour tout le mal que va te faire cette lettre. Parce que je vais bouleverser ta vie. Parce que je vais te faire perdre tout tes repères. Parce que je vais briser une partie de toi et de tes croyances. Parce que tu vas m'en vouloir, et il est même probable que tu vas me haïr.
Je vais te raconter la vérité, aussi pénible soit-elle. Tu dois savoir.

C'était il y a un an. Un an, que mon fantasme a pris vie, prenant la mienne par là même...

Il fait chaud. J'ai chaud. Lui aussi. Il est encore plus beau de près. Dieu, qu'il est beau ! Je ne sais plus moi-même comment j'ai atterri dans cette chambre d'hôtel, dans ce lit, dans ces bras. Je ne sais plus rien. Plus rien à part ces lèvres qui se posent sur les miennes, ces mains qui parcourent ma chair, ce corps contre le mien. Je ne suis plus que sensations. J'ai la tête qui tourne. Je perds pied avec la réalité, je ne sais plus ce que je suis, ni ce que je fais. Mon monde se limite à cette bouche entrouverte qui soupire, à ce souffle qui vient se perdre dans mon cou.
Comme je l'aime...
Il écarte mes jambes et se place entre elles. Un bref éclair de lucidité me vient, sans doute amené par l'appréhension. «It's my first time ». Ce n'est pas ma voix qui a parlé, les mots sont sortis seuls de ma gorge. J'ai mécaniquement parlé en anglais, je ne sais pas pourquoi. Peut-être parce qu'il ne parle pas français, que je ne parle pas allemand, et que mon esprit embrouillé a su que la seule chance de me faire comprendre était de parler anglais. Quoiqu'il en soit, j'ai honte, je regrette d'avoir dit ça, mais l'appréhension et l'état de transe dans lequel je me trouve ne m'ont pas permis de me contrôler ni de réfléchir. Il s'arrête brièvement. Il n'a pas l'air étonné. Je ne dois pas être la première dans ce cas. Non, je suis bête, des comme moi, il en voit tout les soirs.
Il se contente de hocher la tête, signe qu'il a compris. Moi qui pensait... qu'il... que... Non. Je ne sais pas ce que j'attendais au juste. Qu'il s'arrête puis m'embrasse tendrement avant de tenter de me rassurer? Que, touché par l'amour que je lui portais, par le fait que je veuille tout lui donner jusqu'à ma virginité, il m'accorde ne serait-ce qu'un peu plus d'attention qu'à une poupée gonflable ? Qu'il m'adresse au moins un regard apaisant ? Pour qui me prenais-je donc ? La seule chose qui passa dans ses yeux, ce fut de l'agacement. Oui, de l'agacement. Il était agacé. Blasé. De toutes ces filles qui, comme moi, venaient perdre leur virginité dans son lit. Il nous méprisait, pauvres idiotes éperdues d'amour qui aurions donné notre vie pour un de ses sourires. Et comme il avait raison ! Pitoyables... c'est tout ce que nous étions, et même le mépris qu'il nous accordait était avoir trop d'égards pour nous.
Je pousse un léger cri retenu par sa bouche qui se pose sur la mienne tandis qu'il pénètre en moi. Il s'arrête brièvement pour m'habituer à cette présence nouvelle à l'intérieur de moi. Puis il commence à se mouvoir. Et alors qu'il rejette la tête en arrière, les yeux fermés, des gémissement s'échappant d'entre ses lèvres, moi, je le regarde. Je grave chaque détail de son visage dans ma mémoire. Lui, il ne me voit même pas. Je ne suis rien pour lui.
Un son rauque émit, une crispation de tout son être, et il s'affaisse sur moi, reprenant sa respiration quelques secondes avant de se retirer.
Pour ma part, je n'ai pas joui. Loin de là. Je n'ai pas pris de plaisir, au début j'avais mal, et ensuite je ne ressentais pas grand-chose. Mais c'est normal, c'était ma première fois. Et puis, lui il a eu un orgasme, lui il a eu du plaisir, c'est tout ce qui compte.
Il s'est endormi. Comme il est beau... Je caresse doucement sa joue, je ne veux surtout pas le réveiller. Lentement, je passe ma main dans ses dreads. Encore une fois, je mémorise le moindre de ses traits. Je veux m'en rappeler avec précision le plus longtemps possible. Je l'aime tant...

C'est le matin. Il ouvre ses yeux. Je les ai toujours trouvé magnifiques. Il se force à me faire un léger sourire. C'est par humanité qu'il le fait, ce sourire est tout sauf sincère, il a simplement pitié de moi. Oui, il a pitié de moi, il se doute de ma douleur, de ma souffrance. Même s'il est impossible qu'il puisse en imaginer l'ampleur. Quoiqu'il en soit, ce sourire me donne tout de même du courage. Je me lève. Je m'habille. J'ai des gestes d'automate, je n'ai plus conscience de quoi que ce soit. Et pendant que j'enfile mes vêtements, je serre les dents et mords l'intérieur de mes joues pour empêcher mes larmes de couler. Je ne veux pas pleurer, pas devant lui. Je ne veux pas lui imposer ce spectacle. J'aurais bien assez le temps de sangloter lorsque je serais seule chez moi. Sans lui. Seule. Car même quand je suis entourée de gens, je suis seule. Parce qu'il n'est pas là. Je me dirige vers la porte. Il est encore allongé dans le lit. Il me regarde. Il attend que je parte. Il se demande si je vais réussir à le quitter si facilement, ou bien s'il aura à faire face à une crise d'hystérie. Mais non, je ne suis pas de celles-là. Je l'aime bien trop pour l'importuner. Je ne ferais pas de scène tragique, je n'hurlerais pas des supplications pour qu'il reste avec moi. De toute façon, ce serait vain. Alors j'entrouvre la porte, puis je me retourne, je le regarde une dernière fois. Et je referme la porte sur la dernière image que j'ai de lui, allongé dans ce lit impersonnel au draps défait, ses longues dreads retombant sur ses épaules dénudées, son torse parfaitement dessiné me faisant vaciller sur mes jambes qui me soutenaient déjà peu. Puis, sa tête qu'il secoue très doucement comme s'il ne comprenait pas, ses yeux qui me font chavirer semblant demander une explication, et ce murmure, presque inaudible, prononcé si bas que je l'ai peut-être rêvé, « Warum ?». Pourquoi ? Mon amour, tu me demandes pourquoi ? Pourquoi toutes ces filles tiennent tant à toi ? Pourquoi nous t'aimons tant ? Mais, je ne sais pas mon amour. Mais je t'aime. Comme toutes ces filles. Et, tu as beau jouer avec nous, t'amuser à nos dépens, faire de nous tes objets, nous t'aimons. Tellement que ça nous détruit. Ne te poses pas de questions inutiles, continues à profiter. Nous ne t'en voudrons pas, parce que nous t'aimons.

Et pas même deux mois plus tard, j'ai dû cesser de nier l'évidence. J'étais enceinte. De lui, bien sûr. Qui d'autre ? Il avait été le seul.
Je ne voulais pas y croire au début. Nous nous étions protégés. Mais il est vrai que le préservatif pouvait très bien s'être légèrement déchiré... Et puis, je ne prenais pas la pilule. Or si le préservatif protège des MST, il n'est pas aussi fiable que la pilule pour ce qui est d'empêcher la grossesse. Enfin, quoi qu'il en soit, je me retrouvais enceinte.
Je hais les enfants. Je ne les supporte pas. Je m'étais toujours dit que si jamais je venais à tomber enceinte un jour, j'avorterais sans remords. Seulement, je n'ai pas pu m'y résoudre. Pas parce que je ne voulais pas tuer un embryon qui deviendrait plus tard un être vivant. Non. Mais simplement parce que cet embryon, il était là grâce à Lui. Et il était inconcevable pour moi de mettre fin à quelque chose venant de lui. J'allais porter son enfant. Son enfant. Qui peut-être lui ressemblerait. Oh, pas trop j'espère. Je ne le supporterais pas. Je serais capable d'inceste si notre enfant lui ressemblais trop.
Je décidais donc, envers et contre tout, de garder cet être qui me ferait autant de mal que de bien en me rappelant chaque jour son père. Oui, un souvenir. Cet enfant serait pour moi le souvenir de ma plus belle nuit. Le substitut de son papa, sur qui je reporterais une partie de l'amour dont celui-ci n'a pas voulu.
Cependant, j'avais quinze ans. On n'a pas d'enfant à cet âge là. Je savais que mes parents les premiers s'y opposeraient. Alors, j'ai attendu. J'ai porté des hauts de plus en plus larges. J'ai fait croire que je mangeais beaucoup et qu'en conséquent je grossissais. De toute façon, je ne grossissais pas encore beaucoup. Presque pas en fait. Lorsque le délai légal pour avorter fut passé, j'avouais la vérité. Bien évidemment, je refusais de donner la moindre information concernant l'identité du géniteur. Cela se passa mieux que je ne l'avais imaginé. Mes parents et moi nous trouvâmes un accord. Durant une année, nous irions dans notre maison de campagne et je continuerais mes études par correspondance car bientôt ma grossesse deviendrait visible et je ne pourrais plus aller en cours dans cet état. Aucun membre de la famille ne fut mis au courant de la vérité. N'habitant pas dans la même ville, nous ne les voyions qu'une ou deux fois par an, en conséquent cela ne causait pas de problème majeur, ils ne seraient pas là pour remarquer que mon ventre s'arrondissait de jour en jour. Nous justifiâmes le fait que nous allions habiter notre maison de campagne durant plusieurs mois en disant que ma mère était enceinte et qu'elle voulait être au calme et loin de la ville durant sa grossesse. Nous fîmes ainsi d'une pierre deux coups. Nous avions une excuse pour notre retraite à la campagne, et l'enfant qui allait naître serait considéré comme celui de ma mère. Nous en avions discuté et cela s'était imposé comme la meilleure solution. Cet enfant, nous ferions croire à tout le monde, y compris à lui-même, que c'était celui de ma mère, et que j'étais sa s½ur. Cela me convenait : je n'aurais pas à m'en occuper tout le temps, je continuerais à mener une vie normale après ma grossesse, tout en pouvant garder mon bébé. Que je sois sa mère ou sa s½ur n'avait pas d'importance à mes yeux. Tout ce qui comptait, c'est que je pouvais le garder, et le voir grandir. Le voir me rappeler son père.
Quelques mois plus tard, j'accouchais. Ce fut éprouvant, l'expérience la plus douloureuse que je n'ais eu à vivre jusque là. C'était une fille. D'un côté, je fus déçue, car une fille ne pourra pas ressembler trait pour trait à son père, mais de l'autre je fus soulagée, l'éventuel désir d'inceste était écarté, je ne serais pas séduite par une fille, même si certaines choses en elle me rappelaient celui qui était à l'origine de sa naissance.
Pendant l'accouchement, mon c½ur se brisait encore un peu plus s'il est possible, alors que je me disais qu'il ne le saurait jamais. Il ne saurait jamais qu'il avait une famille ici. Une fille qui portait le même sang que lui. Une autre qui n'aurait pas demandé mieux que d'être sa compagne. Et pendant que les infirmières s'affairaient à couper le cordon ombilical, je versais des larmes silencieuses que l'on mit sur le compte de la douleur.

Tu as sans doute maintenant compris, petite s½ur, que tu es ma fille. Et que ton père et ta mère sont tes grands-parents.
Et celui qui est le départ de cela, celui que j'aime plus que tout et sans qui tu ne serais pas là aujourd'hui... Eh bien, tu as sans doute deviné, tu sais sans doute déjà de qui il s'agit. C'est normal, depuis le berceau je te fais écouter sa musique, et dès maintenant, alors que tu n'as pas même un an, je peux affirmer avec certitude que je continuerais à te faire partager ma passion pour son groupe jusqu'à ce que tu ais atteint l'âge de lire cette lettre. Il est beau, n'est-ce pas ? J'ai eu de la chance de passer une nuit à ses côtés, de perdre ma virginité dans ses bras. Et tu as de la chance d'être sa fille. J'espère que tu as hérité de beaucoup de choses venant de lui. Peut-être qu'un jour toi aussi tu auras des dreads, et tu joueras de la guitare, tu interpréteras ses chansons pour moi. Ma fille, ma petite Kaulitz. Petit être étant une part de Tom. Tu es mon souvenir. Son souvenir...
Et maintenant que tu sais tout, je ne peux plus qu'espérer que tu ne me haïras pas, ou du moins pas pour trop longtemps. Je n'ai fait que réaliser mon rêve. Et j'ai déjà assez souffert. Je souffre encore. Il me manque tant. Et le plus dur est de savoir que ce manque ne partira pas, et que même lorsque tu liras cette lettre, je le ressentirais encore. À chaque fois que je te regarde, mon c½ur se déchire à nouveau, parce que je pense à lui. Tu es une torture pour moi, car il suffit que mes yeux se posent sur toi pour que ma peine redouble. Mais je t'aime, parce que tu es de lui. Je sais que ces mots te blessent. Je sais que tu ne me fais plus confiance. Je sais que tu me détestes désormais. Mais il fallait que tu saches la vérité. Essaie de me comprendre, même si tu n'y parviendras sans doute pas, et je ne t'en fais aucun reproche, loin de là. Tu as raison de m'avoir en aversion. Cependant, je voudrais te demander une dernière chose. S'il te plaît, accorde moi une dernière faveur. Si tu me détestes moi, alors au moins, je t'en prie, ne le déteste pas lui...


Voilà, mon premier OS concernant un membre de Tokio Hotel, en espérant que ça vous ai plu ^^ ! Laissez moi votre avis svp =) !
Et je précise que cet OS n'est pas mon fantasme hein, j'ai beau trouver Tom canonissime (ce mot n'existe pas xD), je ne suis pas une folle dingue amoureuse d'un gars qu'elle ne connaît même pas en vrai. J'avais eu l'idée de cet OS en parlant avec une cop fan, on se disait que ça devait vraiment être horrible de coucher avec Tom et puis de le revoir, à une séance de dédicace par exemple, et qu'il ne nous reconnaisse même pas...

# Posted on Tuesday, 06 May 2008 at 9:40 PM

Edited on Friday, 28 November 2008 at 5:30 PM

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