Attention, certains passages sont très explicites
J'ai écrit cet OS suite à un jeu sur un forum yaoi Tokio Hotel. Le but était que je recevais et devais traiter une demande ayant un rapport avec le groupe. Comme c'était dans la période d'Halloween que se déroulait le jeu, je devais aussi placer les mots "citrouille", "chapeau pointu", "balai" et "chat noir" en orange dans mon texte, que j'avais environ un mois pour écrire. J'y ai passé beaucoup de temps et m'y suis vraiment investie, donc j'espère que le résultat vous plaira ^^ ! Bonne lecture !L'histoire de nos souvenirs
Une grande et fine silhouette sombre traversa le couloir sur la pointe des pieds, l'air pressée et sur le qui-vive, portant dans ses bras quelque chose qui avait la forme d'un grand livre.
Elle s'arrêta face au numéro 104, et après quelques instants à trifouiller dans ses poches, elle en sortit une carte magnétique et l'inséra dans la fente prévue à cette effet, ouvrant la porte.
Puis, regardant alentour pour être bien sûre de ne pas être vue, elle entra dans la chambre pour en ressortir deux ou trois minutes plus tard, la démarche un peu mieux assurée et l'air satisfait.
***
Tom passa sa carte magnétique dans la serrure de la porte qui se déverrouilla avec un petit clic. Il pénétra dans sa chambre et s'affala sur son lit, fermant les yeux et soupirant. L'entraînement avec le groupe l'avait épuisé, leur nouvel album comportait des morceaux vraiment difficiles à maîtriser !
Il pensa à appeler le service d'étage de l'hôtel pour se faire apporter une Smirnoff Ice, il avait la gorge complètement sèche et le mini-bar de sa suite était désespérément vide. Puis il avait besoin de se relaxer, et un peu d'alcool ne pouvait pas lui faire de mal.
Alors qu'il tendait péniblement la main pour attraper le téléphone, tâtonnant à l'aveuglette sur la table de chevet, ne voulant pas faire l'effort de se redresser, il sentit sous sa main quelque chose de doux, légèrement gras et glissant. Supris, il se releva vivement pour découvrir avec étonnement un grand cahier de cuir noir.
Avec beaucoup de curiosité, et peut-être un peu de méfiance, il prit le cahier et l'ouvrit. Il en avait à peine soulevé la couverture qu'une enveloppe en tomba.
Le jeune homme l'observa avec saisissement. Qu'est-ce que c'était que cela ? Une fan aurait-elle réussi à convaincre le personnel de lui donner un cadeau qu'elle lui destinait ?
Avec circonspection, il ouvrit la missive pour en sortir une courte lettre.
« Mon amour, je voulais t'offrir quelque chose d'original pour fêter ton vingtième anniversaire. J'espère que cet album et surtout son contenu te plairont.
Je t'aime. »Un sourire prit place sur le visage de Tom. Qu'il était bête de ne pas y avoir pensé plus tôt ! Il aurait dû se douter que la personne avec qui il filait le parfait amour depuis près de deux ans allait lui faire une surprise en ce jour si spécial.
Avant de s'intéresser de plus près au carnet, il tenta de deviner ce qu'il pouvait bien renfermer, penchant pour des poèmes et de douces déclarations. Il faillit s'étouffer de stupeur lorsqu'il vit, sur la première page, la photo d'un corps qu'il connaissait bien, complètement nu et dans une position des plus aguicheuses. Sa bouche s'entrouvrit légèrement alors qu'il sentait une douce chaleur monter en lui. Détachant avec peine ses yeux de l'image, il tourna fébrilement la page, espérant d'autres clichés de ce genre. Il fut dérouté, pour ne pas dire déconfit, alors qu'il se trouva face à un petit garçon blond arborant un resplendissant sourire auquel manquait une dent qu'il tenait d'ailleurs entre ses doigts, la présentant fièrement à l'objectif.
Tom resta hébété un moment, tandis qu'une vague de souvenirs déferlait dans sa tête.
***
_ Maman ! Maman, mamaaan ! Regarde maman ! Ça y est, elle est tombée, elle est tombée ! s'écria Bill en courant dans toute la cuisine, faisant sursauter Simone qui préparait le repas.
Tandis que leur mère s'extasiait sur la dent de lait que son fils exhibait triomphalement, lui conseillant de bien la ranger sous son oreiller pour que la petite souris puisse passer la chercher et lui laisser un cadeau à la place, Tom, indifférent à toute l'agitation autour de lui, daigna à peine relever le regard du dessin qu'il faisait, assis sur la table de la salle à manger. Lui, il avait perdu sa première dent de lait depuis déjà bien longtemps, au moins plusieurs semaines, et franchement, il n'y avait pas de quoi en faire tout un plat ! De plus, pourquoi était-ce à sa mère que son jumeau annonçait la nouvelle en premier, plutôt qu'à lui ? Il resta renfrogné un moment, se concentrant sur son coloriage.
Un peu plus tard, alors que Bill, suivant les recommandations de Simone, plaçait soigneusement sa dent sous son traversin, Tom fit irruption dans leur chambre.
_ Hé, Tom, t'as vu ? Moi aussi je suis un grand maintenant !
L'intéressé ne répondit pas tout de suite et, se positionnant confortablement sur son propre lit, il regarda son cadet un instant avant d'entamer la querelle. Il en voulait encore un peu à son frère et une petite altercation mettrait fin à son ressentiment.
_ Ça ne change rien au fait que je suis quand même plus grand que toi ! répliqua-t-il, saisissant immédiatement l'occasion de brouille.
_ Même pas vrai d'abord ! On a cinq ans tout les deux !
_ Je suis né avant toi.
_ De dix minutes seulement ! s'écria Bill, exaspéré.
Ils avaient eu cette dispute un nombre incalculable de fois. Tom aimait à ramener ce sujet, il n'attendait qu'une occasion pour rappeler avec orgueil qu'il était l'aîné, c'était un peu une fierté pour lui. Et puis, cela faisait de lui un modèle pour son jumeau, comme l'aurait été un grand frère.
_ En plus, ça n'existe même pas la petite souris ! renchérit Tom.
_ Tu mens ! Qu'est-ce que tu en sais ?
_ J'ai surpris maman la dernière fois, quand j'avais perdu ma dent. C'est elle qui est venue la chercher et qui a laissé un cadeau à la place.
_ Oh ! Pour de vrai ? Tu n'inventes pas ?
_ Pour de vrai.
Convaincu, Bill ne lutta pas plus longtemps, un peu impressionné.
Tom quant à lui savourait sa victoire. Il était content, il avait réussi à épater Bill en lui montrant qu'il en savait plus que lui. S'il y avait une chose qu'il adorait, c'était bien d'impressionner son jumeau et de voir l'admiration briller dans ses yeux quand il le regardait. Tom se sentait fier sous ce regard, il se sentait unique et merveilleux, et aucun autre regard que celui de Bill n'aurait pu le faire se sentir tellement bien.
***
Sortant de ses pensées, Tom revint au présent et, appréhendant vaguement ce qui l'attendait, il tourna une autre page de l'album, pour découvrir avec attendrissement un petit vampire faisant une grimace qui se voulait effrayante mais ne réussissait qu'à être mignonne.
***
Après plus de deux heures passées à se préparer, Bill sortit enfin de la salle de bain, éblouissant dans son déguisement merveilleusement bien réussi.
Maintenant qu'ils avaient dix ans, Simone, leur mère avait autorisé les jumeaux à sortir seuls le soir d'Halloween, pour aller frapper aux portes des habitants de Loitsche et récolter autant de bonbons qu'il leur serait possible. Elle leur avait même permis de se rendre ensuite à une petite fête qu'organisait Andréas, un de leur rares amis, pour y terminer la soirée en regardant un film d'horreur. C'était une façon de montrer qu'elle avait confiance en eux tout en leur faisant plaisir.
Les garçons avaient bondi de joie, et Bill, qui semblait prendre la chose très au sérieux, avait mis un soin quasi excessif à s'apprêter.
Pour l'occasion, il portait une longue cape, un pantalon très moulant et un tee-shirt près du corps qui soulignaient sa minceur, le tout de couleur noire.
Il s'était teint les cheveux (après une longue négociation pour obtenir le droit de le faire) et les avait ensuite coiffé assez simplement, avec juste un peu de gel pour faire tenir une mèche qu'il laissait pousser sur son ½il gauche.
Sa peau déjà pâle au naturel était presque totalement blanche grâce à la poudre très claire qu'il s'était appliquée, et cela, ajouté à sa chevelure désormais de jais ainsi qu'au maquillage charbonneux qui renforçait l'ébène de ses iris, faisait ressortir l'intensité de son regard d'une façon presque surréelle.
Seul le rouge sang, vif et flamboyant, de ses lèvres généreusement peintes de gloss, mettait une touche de couleur sur son visage fin et gracieux.
Il était, indubitablement, magnifique.
On aurait réellement pensé un mort-vivant, un vampire. Il portait le teint blême d'un décédé mais ses pupilles brillaient de vivacité, ses vêtements sombres et funèbres recouvraient un corps plein d'énergie, et sous son aspect terriblement frêle et fragile il regorgeait de santé. Il possédait tout les paradoxes du suceur de sang, et ses lèvres écarlates ne faisaient qu'accentuer la perfection du rôle qu'il se proposait de jouer pour une nuit.
Lorsque Tom le vit, il fut clairement ébahi. Il ne reconnaissait pratiquement plus son jumeau, qui paraissait tellement différent de lui-même, qui paraissait ne plus lui ressembler.
Bill avait les traits plus anguleux et pourtant plus délicats que lui, et il avait l'air tellement plus gracieux, tellement plus... beau !
Peut-être était-ce tout ce noir contrastant avec sa blancheur qui faisait cet effet ? Quoiqu'il en soit, Tom était complètement subjugué par son frère, presque choqué par sa beauté.
On aurait pu voir là du narcissisme de la part de Tom, après tout c'était de son double qu'il s'agissait, ils étaient identiques. Pourtant, à cet instant, le jeune garçon n'aurait pas pu croire une seconde qu'il était semblable à Bill. Jusque-là, ils avaient toujours été exactement pareils, quoique depuis quelques temps ils se démarquent en ce qui concernait leur habillement, mais dorénavant, Tom les trouvait réellement différents.
Bill, interprétant mal le trouble de son jumeau, eu l'air attristé et demanda d'une petite voix, « Tu n'aimes pas, c'est ça ? C'est laid ? »
_ Quoi ? Non, bien sûr que non ! Au contraire ! C'est vraiment... réussi. Super même, ouais, super !
_ T'es sûr ?
_ Évidemment ! J'étais juste surpris, ça te changes beaucoup tu sais. Je trouve que tu n'as plus l'air comme avant...
« Que tu n'as plus l'air comme moi » pensait Tom, mais il ne le dit pas.
Ils furent coupés dans leur conversation par un chat noir qui déboula à toute vitesse entre leurs jambes, les faisant sursauter.
_ Kasimir ! hurla une voix depuis la salle de bain. Reviens ici ! Rah, cette satané bête me perdra, c'est la même chose à chaque fois, impossible de la laver sans y passer la journée !
Les deux garçons, face aux bougonnements exaspérées de Simone envers leur animal de compagnie, échangèrent un regard entendu avant d'éclater de rire. Encore une fois, Kasimir en faisait voir de toutes les couleurs à leur pauvre mère !
Ce léger incident dissipa un peu le malaise de Tom, mais pas entièrement, et malgré les nombreuses distractions qui se présentèrent à lui ce soir-là, telles que toutes ces jolies filles bien mignonnes avec leur chapeau pointu sur la tête, leur balai de sorcière sous le bras et des sacs imprimés de chauve-souris, d'araignées, de citrouilles ou de squelettes à la main, il eut bien du mal à se concentrer sur autre chose que Bill, Bill, Bill et encore Bill.
Depuis cet halloween là, au grand dam de Tom, ou pour son plus grand plaisir, lui-même ne savait pas très bien et ne voulait pas savoir, Bill décida d'adopter au quotidien un style très proche de son accoutrement à la Dracula. Il prit pour habitude de s'habiller de plus en plus moulant, ajouta au fil du temps de nombreux accessoires tels que mitaines et ceintures aux lourdes boucles, garda ses cheveux teints en noir et continua à se maquiller sombrement les yeux. Mais il mit aux oubliettes la poudre excessivement claire qui faisait le teint blafard, ainsi que le rouge à lèvre trop flamboyant auquel il préféra, de temps en temps, un gloss discret.
***
Tom observa encore un instant le petit monstre qui avait fait battre son c½ur tellement fort, cet halloween d'il y avait déjà presque dix ans, et avec un bref soupir de nostalgie, il tourna une nouvelle page.
Le petit vampire avait grandi. Il avait troqué son costume contre une tenue non moins excentrique, peut-être un peu gothique, peut-être un peu manga, originale en tout cas, et, grand scoop, il avait deux nouveau bijoux, mais pas n'importe lesquels. Des piercings. À son arcade sourcilière droite, qu'il relevait un peu effrontément, et à la langue, qu'il tirait.
Imperceptiblement, les sourcils de Tom se froncèrent alors qu'il se remémorait certaines conséquences de ces piercings, à l'époque.
***
_ Hey la tapette ! Alors comme ça, après t'être fait trouer le cul, tu te fais trouer la langue ?
_ C'est meilleur pour tailler des pipes, hein ? Réponds-moi, salope !
_ Petit pédé, qu'est-ce qu'il t'es arrivé ? Te faire défoncer ne te suffisait plus, tu voulais expérimenter la voie orale aussi ?
_ Les gars, ce type est pire qu'une chienne ! T'espères chauffer les mecs avec ton piercing, espèce de pute ?
Bill, déjà pris pour cible par ses « camarades » au collège à cause de son look quelque peu extravagant, et communément considéré comme gay, donc comme pestiféré, voyait les persécutions envers sa pauvre personne empirer considérablement avec ce nouveau piercing.
Déjà que lorsqu'il s'était fait piercer l'arcade sourcilière deux ans plus tôt, cela avait causé pas mal de bruit dans l'établissement, mais là, c'était encore pire.
Il avait désormais quatorze ans, et à cet âge, on ne se contentait plus de se moquer de lui avec des remarques puériles, quoique toujours blessantes, telles que « mais t'es une fille ou un gars ? T'es sûr que t'es vraiment un garçon ? Parce que, franchement, on dirait pas ! ».
Non, désormais, les adolescents découvraient l'existence de différentes orientations sexuelles, et trouver un bouc-émissaire à classer « homo » puis à tourmenter était leur occupation favorite.
Bill était pour cela la victime parfaite. Alors qu'il serrait les dents et se mordait l'intérieur des joues pour empêcher ses larmes de couler, essayant de contrôler sa peur- car oui il avait peur, tellement peur, ces garçons étaient beaucoup plus forts et nombreux que lui, il n'avait aucune chance contre eux- il vit, ou plutôt entendit, quelqu'un arriver à sa rescousse.
_ Foutez-lui la paix !
_ Hé, qu'est-ce qu'il nous veut, le p'tit rebelle ?
Tom. Il était le seul à pouvoir aider Bill. Certes, il était mince, mais il n'avait pas peur de lutter, et même s'il finissait souvent par recevoir plus de coups qu'il n'en donnait, il réussissait cependant à tenir suffisamment tête à ses adversaires pour leur intimer un certain respect. Puis il faut avouer que son allure aussi lui conférait une vague estime : ses vêtements de skateur, ses dreads et son piercing au labret qu'il avait depuis ses onze ans, lui conféraient un air plutôt cool qui jouait en sa faveur.
S'il n'avait pas eu de parenté avec le souffre-douleur du collège, avec la tapette, il aurait sans doute été très populaire.
_ Laissez-le tranquille !
_ Pour qui tu te prends, à nous donner des ordres ? Dégages d'ici !
_ Va te faire foutre, connard !
_ C'est pas à moi qu'il faut dire ça, ce serait plutôt à ton frère, c'est lui qui aimes ça non ?
C'en était trop, Tom explosait, et avec une rage presque animale, il se jeta sur le merdeux qui osait rabaisser son double ainsi. Les coups se mirent à pleuvoir des deux côtés, tandis qu'un attroupement d'élèves se formait autour des adolescents en plein combat, criant des encouragements et pariant sur le vainqueur.
Finalement, il n'y eu pas de gagnant puisque, alerté par le raffut, un surveillant accourut pour séparer les garçons qui se récoltèrent trois heures de colle chacun.
Un pareil schéma s'était déjà produit de nombreuses fois, et les jumeaux savaient qu'il se reproduirait encore et encore, tout le temps que durerait leur scolarité.
[...]
_ Tomi ?
_ Hum ?
_ Je suis vraiment désolé.
_ Pourquoi ?
_ C'est à cause de moi tout ça. Tu es obligé de te battre quasiment tout les jours, et c'est ma faute. Pardon. Pardon Tomi, je m'en veux tellement !
Ses yeux commençaient à s'embuer dangereusement.
_ Bill, arrêtes de dire n'importe quoi !
_ Tomi, pourquoi tout le monde me déteste ?
Une larme coula sur sa joue. Puis une autre. Et encore une autre. Maintenant qu'il avait commencé à pleurer, il ne pourrait plus s'arrêter avant un moment.
Immédiatement, Tom le pris dans ses bras, lui caressant le dos en lui murmurant des paroles réconfortantes.
_ Chut, calmes-toi, tout le monde ne te déteste pas. Il y a maman, il y a Gordon, il y a Andréas qui t'aiment. Il y a moi. Moi je t'aime. Je t'aimerais toujours Bill.
Bill serra son jumeau un peu plus fort contre lui, sanglotant dans son cou, mouillant son tee-shirt de ses pleurs.
_ Arrêtes de pleurer, ça n'en vaut pas la peine, ce ne sont que des cons, ne les écoutes pas, ils sont idiots, juste idiots et méchants, ne pleure pas.
La mâchoire de Tom se crispa et ses traits se durcirent en repensant à ces bâtards qui faisaient du mal à son double, qui lui faisaient de la peine.
Ils brisaient son petit frère, et ensuite, c'était à lui de recoller les morceaux. Seulement, à chaque fois qu'il le voyait dans cet état, si vulnérable et dévasté, son propre c½ur aussi partait en miettes.
Tom se fichait des coups qu'il recevait, il n'avait que faire des punitions qu'il récoltait, mais voir Bill triste l'anéantissait. C'était l'unique chose qui pouvait l'atteindre, cela lui faisait bien plus mal que ses blessures, bien plus mal que son ½il au beurre noir, que sa lèvre enflée, que ses bleus un peu partout. Il ne le supportait tout simplement pas.
_ T...Tom ? Mais... et si... et s'ils avaient raison ? hoqueta Bill.
_ Comment ça, s'ils avaient raison ?
_ Et si... et si j'étais vraiment gay ?
_ Bill, oublies ça, c'est trop tôt, beaucoup trop tôt pour savoir, tu auras bien le temps d'y penser plus tard.
_ Tu me haïrais aussi ?
_ Bien sûr que non ! Ne sois pas stupide, je ne te haïrais jamais Bill, tu peux en être sûr.
Le dreadé enlaça plus fermement son frère, presque à l'en étouffer, continuant à lui murmurer des mots rassurants à l'oreille.
Un an plus tard, Bill n'avait plus de doute quand à son orientation sexuelle, et quelques mois après avoir acquis cette certitude il avouait son homosexualité à ses proches, excepté à Tom qui avait été mis au courant dès le début.
***
Tom commençait à être perdu. Cet album remuait en lui tellement de choses, tellement de souvenirs, de moments forts de sa courte existence ! Une vague nostalgie, un vague regret du temps perdu à nier des évidences prenaient possession de lui.
Avec un petit soupir, il tourna encore une page.
Toujours Bill, évidemment. Sourire aguicheur au lèvres, cheveux mi-longs avec quelques touffes plus courtes sur le dessus du crâne, le tout savamment ébouriffé, son tee-shirt légèrement relevé laissant voir une étoile sur son aine droite, l'enfant pré pubère avait laissé place à un jeune adolescent terriblement attirant. Et Tom en avait fait les frais, c'était le moins qu'on puisse dire.
***
Tom allait bientôt avoir dix-sept ans. Un âge où la plupart des garçons ont les hormones en surchauffe et n'ont que les filles en tête, de préférence très peu vêtues voire nues. Mais Tom n'était pas un garçon comme les autres. Il avait un jumeau, et cela était suffisant pour faire de sa vie un calvaire.
Car lorsque l'on tient à son double comme à la prunelle de ses yeux, que le double en question est gay, diablement séduisant, et encore novice en ce qui concerne la sexualité, cela devient compliqué de mener une vie normale. Sans compter la célébrité croissante en Europe, après avoir déjà conquis l'Allemagne dès la sortie de leur premier album en 2005.
Tom frôlait la crise de nerfs. Comme si le stress de leur carrière musicale s'étendant hors de leurs frontières avec une rapidité époustouflante qui ne leur laissait pas même le temps de comprendre ce qui leur tombait dessus ne suffisait pas, il fallait qu'il puisse en plus faire face à l'attrait grandissant du public pour son frère.
En effet, Bill, aussi étrange que cela puisse paraître au vu de son apparence qui transpirait le sexe et du succès qu'il remportait aussi bien parmi les femmes que parmi les hommes (même les hétéros étaient subjugués, le prenant souvent pour une fille des plus affriolantes au premier abord), était puceau.
Au fond, il était réservé, voire timide. Et cela ajouté à son romantisme hors de mesure faisait qu'il n'était jamais passé à l'acte.
Certes, peu après son coming-out familial, il était sorti avec son ami d'enfance Andréas, seul bisexuel assumé de leur petit village aux m½urs étriqués, pendant deux/trois mois, mais rien de bien sérieux.
Puis, contre toute espérance, l'album « Schrei » avait rencontré un succès fulgurant dans tout le pays, et il s'était retrouvé entraîné dans un monde de strass et de paillettes, enchaînant concerts et interviews, vivant à cent à l'heure.
Dans ces conditions, il n'avait pas eu le temps de faire de vraies rencontres et d'avoir une histoire aboutie avec qui que ce soit.
Et il n'était pas comme Tom ou Georg qui, de temps en temps, ramenaient une fan pour satisfaire leur désir. Ni même comme Gus, qui parvenait à entretenir des relations relativement stables malgré leurs nombreux déplacements.
Le dreadé se retrouvait donc avec un jumeau ignorant et innocent, carrément un peu naïf sur les bords, et hélas incroyablement sexy, que son instinct de grand frère lui hurlait de protéger. Contre quoi ? Mais contre toutes ces fans dénuées de scrupules, tout ces hommes sans vergogne, pires que des charognes, avec une seule idée en tête : coucher avec Bill.
Son double idéalisait tellement sa première fois, Tom ne permettrait à personne de lui gâcher ce moment. Pas question qu'une de ces salopes star-fuckeuses avec qui lui-même ne rechignait pas à prendre du bon temps quelquefois ne transforme cet instant magique en une chose vile et sale. De toute façon, de ce côté là, il n'y avait pas énormément de risques : Bill ne se laisserait sûrement pas tenté par une fille, aussi belle soit-elle.
Par contre, ces séducteurs à la noix, qui tournaient sans cesse autour de lui, faisant les yeux doux et jouant les attentionnés, représentaient une réelle menace. Si Bill se laissait envoûter par l'un d'eux, il risquait de faire quelque chose qu'il regretterait ensuite, et c'est ce que Tom voulait à tout prix lui éviter. Le guitariste avait la nausée rien qu'à l'idée qu'un de ces pervers lubrique pose les mains sur son protégé.
Et Bill qui, pour ne rien arranger, s'amusait à devenir de plus en plus beau, de plus en plus androgyne, de plus en plus charmeur ! Jusqu'à ce récent tatouage, nouvel objet de fantasmes pour des milliers de personnes à travers le monde. Quelle idée, de se faire tatouer une étoile sur l'aine ! Si ce n'était pas une pure provocation, qu'est-ce que c'était qu'alors, hein ?
Lorsque le chanteur était rentré d'une soi-disant virée shopping, sans le moindre achat, ce qui était déjà la preuve que quelque chose clochait, et qu'il s'était précipité dans la couchette du tourbus, les yeux pétillants d'excitation, le cerveau de Tom s'était tout de suite affolé.
Et ça ne s'était pas arrangé lorsque Bill avait fièrement remonté son tee-shirt pour dévoiler une splendide étoile sur son aine droite, placée à un endroit pour le moins... stratégique.
Georg en avait lâché son magasine de cul, la mâchoire tombante, complètement béat, tandis que Gus, plus calme, se contentait d'hausser un sourcil, jetant un regard appréciateur au tatouage. Eh oui, même les G's avaient du mal à totalement résister au charme de l'androgyne !
Quant à Tom, il avait manqué suffoquer, de surprise bien entendu.
_ Wow ! Bill c'est... super cool ! avait soufflé le bassiste, en pleine admiration, presque la bave au lèvre.
Il n'était pas gay, mais enfin, qui pourrait ne pas trouver Bill absolument bandant ?
Des fois, il se surprenait à penser qu'une partie de jambes en l'air avec lui ne serait pas de refus, mais il se reprenait très vite : il savait parfaitement que le chanteur n'était pas un coup d'un soir. Et de plus, pour rien au monde il n'aurait voulu risquer de briser son amitié avec les jumeaux, or se taper l'un d'eux n'était pas la meilleure chose à faire s'il voulait éviter les conflits.
_ Georg, calme-toi, t'as les yeux exorbités, on dirait que t'es en rut, c'est bon, c'est que Bill !
La voix moqueuse de Gustav, cassante, refroidit le bassiste qui lui jeta un regard noir.
_ Les mecs, sortez un moment, vous voulez ? Je dois parler à Bill, en privé.
Tom n'avait pas l'air content, pas du tout même, et ses amis s'exécutèrent sans discuter : quand il y avait de la tension entre les jumeaux, il valait mieux s'éloigner le plus vite possible, et puisque le dreadé leur en donnait l'occasion, ils ne se le ferait pas dire deux fois.
Une fois seuls, Bill releva les yeux vers son frère, interrogateur.
_ Ça te plaît pas ?
_ Bill, soupira Tom, ce n'est pas ça.
_ Quoi alors ?
_ Tu... Mais enfin... Tss !
Il était si frustré que les mots avaient du mal à sortir.
_ Merde Bill, est-ce que t'es complètement inconscient ? Des milliers de personnes ne rêvent que de t'avoir dans leur lit, tu es l'un des premiers fantasmes de toute l'Europe, et comme si ça ne suffisait pas, comme si ce n'était pas déjà assez difficile, tu en rajoutes, avec ce putain de tatouage qui ne va qu'empirer les choses ! Tu veux que toute la planète ai envie de te baiser ou quoi ?
_ Mais t'es malade ! Qu'est-ce qui te prend, à t'énerver tout seul comme ça ? Je ne vois pas où est le problème, vraiment. J'aime ce tatouage, je n'avais aucune raison de ne pas le faire, et si je plais plus aux gens comme ça, il n'y a pas de mal, au contraire, c'est même très flatteur.
_ Tu déconnes ? Je passe ma vie, dans les coulisses, au studio, en boîte, dans les afters, dans les bars, partout, tout le temps, à essayer de te protéger, à éviter que quelqu'un ne te fasse trop boire, ne te monte la tête puis se serve de toi comme d'un vulgaire jouet, et toi, tu me rend la tâche encore plus difficile !
_ À d'autres, tu passes ta vie à t'envoyer des groupies oui ! Ne fais pas comme si tu te souciais de moi ! Par contre, quand c'est pour me faire la morale, alors là oui, je peux compter sur toi !
_ Bill, qu'est ce que tu racontes ? Je me soucie constamment de toi, tu es aveugle si tu ne le vois pas, comment tu peux me dire un truc pareil ?
_ Tu te soucies constamment de sauter des putes, je serais aveugle si je le ne voyais pas. Et j'en ai assez Tom, vraiment assez. À mon tour de passer mes nuits à prendre mon pied.
_ Ce n'est pas toi qui voulais attendre le grand amour ? Qui ne voulait pas faire ça n'importe comment et avec n'importe qui ?
_ Si, mais j'en ai marre d'attendre une personne que je ne trouverais peut-être jamais. J'ai dix-sept ans Tom, dix-sept ans ! Et je n'ai encore jamais rien fait de plus qu'embrasser quelqu'un, notre meilleur ami de surcroît, qui était devenu, par dépit, autant de sa part que de la mienne, mon petit copain à l'époque !
_ Ah, ne me rappelle pas cette époque terrible, c'était traumatisant de vous voir vous tenir par la main, rougissants et timides, toi et Andréas !
Le guitariste se rendait compte qu'il n'aurait pas dû s'emporter, cela ne le mènerait à rien, et il n'avait pas envie de se disputer avec son jumeau. Il tentait donc de détendre l'atmosphère par cette petite remarque railleuse.
_ Je t'emmerde ! mais une ébauche de sourire se dessinait sur les lèvres de Bill.
Tom, voyant qu'il approchait du raccommodement, s'empressa de poursuivre.
_ Excuse-moi, j'ai réagi un peu trop excessivement.
_ C'est pas grave. Et puis, j'aurais dû te dire que j'allais me faire tatouer, mais je voulais te faire la surprise.
_ On est réconciliés alors ?
_ Ouais.
Et Bill tapa dans la main que lui présentait son frère, en signe de paix. Ils gardaient de leur enfance certaines petites manies de ce genre, qui paraissaient sans doute ridicules, mais avaient une grande valeur symbolique pour eux.
_ Dis Bill, tu ne penses pas réellement que je me préoccupe plus de groupies en chaleur que de toi hein ?
_ Non, bien sûr que non. Mais tu m'avais énervé. Et puis, c'est vrai que je n'aime pas quand tu ramènes des filles, j'ai l'impression que... qu'elles t'apportent plus que moi.
Des choses que je ne pourrais jamais t'apporter, enfin tu vois quoi.
Il rougissait un peu. Tom, légèrement interloqué au début, pouffa un peu de rire en comprenant ce que voulait dire son frère. Instinctivement, il l'enlaça dans ses bras et lui caressa les cheveux tout en lui murmurant à l'oreille.
_ Tu es idiot petit frère, vraiment. Je ne te préfèrerais jamais le sexe, je ne te préférerais jamais rien d'ailleurs. Et ce n'est pas parce que les filles peuvent me donner des sensations agréables que j'apprécie davantage les moments passés en leur compagnie que ceux passés avec toi. Maintenant, arrête de raconter des conneries, et fais moi un peu mieux voir ce tatouage, que je puisse me moquer !
Bill lui tira la langue mais s'exécuta, relevant son haut afin de mettre à nu son aine, trop content d'enfin pouvoir partager cette nouveauté sur son corps avec son frère.
Tom s'approcha et s'abaissa un peu pour regarder de plus près, gravant les détails dans sa mémoire. C'était un très beau tatouage, bien plus que le logo du groupe que Bill avait sur la nuque.
_ C'est vraiment sexy, dit-il, et à ces mots, l'androgyne sourit à s'en faire une crampe. « Ouais, carrément sexy même. »
Tom planta son regard dans celui de son double, et fit une petite mimique taquine, relevant son sourcil en un air entendu.
_ Tu veux réellement faire perdre la tête aux gens, hein ? T'es franchement sans pitié !
Le chanteur gloussa, tandis que le blond reprenait son observation.
Il savait que la peau, fraîchement encrée, était encore terriblement sensible, c'est pourquoi il fit montre d'une précaution et d'une attention extrêmes lorsqu'il retraça le contour du motif de son index, son pouce frôlant par moments la hanche de Bill qui ferma à demi les yeux sous la caresse, partagé entre la brûlure de sa chair fraîchement transpercée par les aiguilles et la douceur du contact avec les doigts agréablement calleux du guitariste.
_ Alors, tu aimes ? demanda-t-il, bien qu'il sache parfaitement la réponse.
_ Évidemment ! confirma Tom, et Bill put enfin avoir l'esprit vraiment tranquille.
Ce soir-là, tandis que les ronflements de Georg s'élevaient et que Gus dormait à poings fermés, un jeune garçon à la chevelure ébène quitta sa propre couchette pour rejoindre celle d'un certain dreadé.
Cela leur arrivait souvent, et les autres ne s'étonnaient plus de les retrouver dans le même lit le matin, complètement à l'étroit mais avec un air de plénitude sur le visage.
Tom ne dormait pas, et lorsqu'il senti son matelas s'appesantir, il ne fut même pas surpris, il s'y attendait. Bill vint se blottir contre lui et enfouis sa tête dans son cou tandis qu'il entourait d'un geste possessif sa nuque de ses bras.
Ce dernier lui rendit son étreinte, il passa ses mains dans son dos et commença à faire de légers mouvements circulaires, cela avait le don d'apaiser son frère et de l'aider à s'endormir lorsque le sommeil ne venait pas ou que quelque chose le tracassait.
Le guitariste ronronna presque de bien-être lorsque les lèvres de son double se posèrent sur son cou, y déposant de légers baisers.
Bill et lui se faisaient constamment des petits bisous, et il n'était pas rare qu'ils s'embrassent sur la bouche, cela faisait partie de leur relation fusionnelle de jumeaux, et aucun des deux ne trouvait cela déplacé ou étonnant.
Ils évitaient de tels gestes en présence d'autres personnes, cela risquait d'être mal vu ou mal interprété, mais dans leur intimité, ils avaient besoin de tels contacts rapprochés.
Le chanteur commença à mordiller doucement la peau, et Tom gémit un peu, se tortillant faiblement. Imperturbable, l'androgyne continua sa tendre torture, se mettant à suçoter la chair déjà vaguement rougie.
_ Bill, arrête ça ou je vais avoir des marques demain et les gars se demanderont d'où ça vient. chuchota Tom.
_ M'en fiche. marmonna en réponse l'intéressé, poursuivant son activité sans se troubler le moins du monde.
_ Arrête, je vais leur dire quoi moi s'ils me voient apparaître avec un suçon au petit-déjeuner ?
_ Ils remarqueront pas.
_ Bien sûr que si !
_ Bin c'pas grave, comme ça, ils sauront, eux et tout les autres, que tu es à moi.
Tom soupira. Le brun avait relevé la tête et le regardait, semblant attendre une confirmation de ce qu'il avançait.
_ Bill, encore cette histoire avec les filles que je ramène hein ? Tu n'as pas besoin de me marquer pour que je t'appartiennes, je suis ta propriété, d'accord ? Il n'y a pas besoin de suçons ou de preuves visibles, tu le sais, et je le sais, je suis à toi et à personne d'autre, c'est inutile de l'afficher ainsi. Okay ?
_ Tomi, je déteste tellement ça !
_ Tu détestes tellement quoi ?
_ Qu'elles... qu'elles te touchent... qu'elles s'imaginent qu'elles te possèdent, même si ce n'est qu'une illusion et qu'elles déchantent rapidement par la suite. Je ne supporte pas de savoir que quelqu'un peut être plus proche de toi que je ne le suis.
Tom resserra son étreinte, murmurant à l'oreille de son jumeau, de ce ton apaisant et affectueux qui le rassérénait si bien.
_ S'il te plaît, arrête de penser des choses pareilles, tu nous fais du mal à tout les deux. Comment tu veux que quiconque soit plus proche de moi que tu ne l'es ?
_ On ne fera jamais un. Quand tu couches avec elles, vous ne faites plus qu'un. Ça ne nous arrivera jamais, on ne connaîtra jamais une telle proximité.
Le dreadé se recula un peu pour pouvoir mieux observer son frère. Il était surpris, Bill prenait tout cela trop à c½ur, et commençait à s'aventurer sur des terrains glissants.
_ Tu... Bill, tu comprendras mieux, quand toi aussi tu l'auras fait. Je ne sais pas quoi te dire d'autre. Tu verras, quand tu le feras.
_ Je ne le ferais jamais. dit doucement Bill. Je serais incapable de te trahir comme toi tu me trahis sans même t'en rendre compte. termina-t-il, tellement bas que ce n'était plus qu'un souffle, presque inaudible.
Mais Tom entendit. Et il se tut. Parce qu'il ne savait pas quoi penser ni quoi répondre. Il se contenta de serrer son frère contre lui encore un peu plus fort, et de lui murmurer qu'il l'aimait.***
Tom soupira à ce souvenir. Cette journée pouvait être considérée comme le début d'une période difficile durant laquelle, au lieu d'inciter son jumeau à avoir des rapports sexuels, ce qui aurait été plus normal, le guitariste cessa presque d'en avoir pour ne pas le blesser comme cela semblait être le cas, limitant à l'extrême le nombre de ses conquêtes.
Le dreadé préféra ne pas s'attarder sur ces pensées pleines d'abstinence et de frustration, et passa à la page suivante de l'album. Il put alors voir Bill, magnifique dans un costume de soie rayé gris et noir parfaitement assorti à ses cheveux de jais méchés d'un blanc tirant sur l'argenté, trônant sur un siège de glace recouvert d'un petit tapis en fourrure blanche.
***
Bill était époustouflant d'élégance et de beauté. Il rayonnait littéralement.
Sa tenue s'accordait à merveille avec sa chevelure et son maquillage, le tout s'harmonisant dans des tons charbonneux et gris argenté.
De sa chemise couleur d'encre de Chine dépassaient des colliers en chaîne épais et lourds. Ses ongles soigneusement manucurés, leur extrémité peinte en blanc contrastant avec le noir qui les recouvrait, le rendaient impeccable jusqu'au bout des doigts.
Il n'y avait rien à redire, il était à lui tout seul une véritable ½uvre d'art.
Il passait entre les invités de la fête, une coupe de champagne à la main, un sourire radieux étirant ses lèvres savamment recouvertes d'une fine couche de rose orangé, échangeant quelques mots par-ci par-là, s'arrêtant parfois pour coller une bise enjouée sur la joue d'une vieille connaissance tout juste arrivée.
Il remerciait avec sincérité ceux qui lui souhaitaient son anniversaire, recevait avec entrain les tapes amicales dans le dos pour le féliciter de son entrée dans l'âge adulte, rigolait de l'énumération de toutes les choses auparavant interdites et qu'il pouvait désormais faire légalement du haut de sa majorité.
Ce jour était vraiment important pour lui, il marquait enfin sa liberté complète et totale, comme le soulignait son tout nouveau tatouage qu'il s'était offert pour ses dix-huit ans, une grande inscription sur son avant bras gauche : « Freiheit 89 » - le premier terme signifiant « Liberté », et le chiffre indiquant son année de naissance.
C'était donc un pléonasme de dire qu'en ce premier septembre 2007, Bill était éclatant de joie, sautillant presque entre les différentes salles de la somptueuse boîte de nuit louée pour l'occasion.
Sa bonne humeur sembla décupler lorsqu'un jeune homme, qui réussissait l'exploit d'être classe tout en étant habillé streetwear, s'approcha de lui pour trinquer à leur majorité.
_ C'est la liberté mon frère, on peut enfin se bourrer la gueule en paix ! s'exclama
Tom, qui paraissait déjà bien profiter de ce nouvel état des choses, un cocktail bien entamé dans une main, un verre de vin blanc dans l'autre, histoire de « varier les plaisirs », comme il aimait à dire.
Bill rigola, tout en le traitant d'irrécupérable.
_ Hé les gars, c'est dément, venez voir ça !
Georg, l'air complètement défoncé, s'approcha d'eux, accoutré d'une affreuse doudoune d'un blanc sale à l'intérieur doublé d'orange, ainsi que de gants violets qu'on pouvait sans remords qualifier d'immondes.
_ Eurk, Geo, c'est quoi ces fringues ? s'égosilla Bill.
_ Bin, v'n'ez voir j'vous dit, v'n'ez !
Et il les entraîna à sa suite dans une des pièces de la boîte de nuit, où régnait un froid apocalyptique.
Le bar à glace. Tout était en glace, les sièges, les tables, les murs, le sol. C'était splendide, mais il fallait avouer qu'on se les pelait !
Bill trembla un peu tandis ses yeux fixaient le décor avec émerveillement. Il avait entendu parler de cet endroit et c'est la raison pour laquelle il avait tenu à fêter son anniversaire dans ce club, mais jusque là il n'avait pas encore eu l'occasion de s'y rendre. Tom, derrière lui, semblait tout aussi charmé par le lieu.
Leur contemplation fut interrompue par une exclamation joviale.
_ Ah, vous êtes là ! Joyeux anniversaire !
David venait d'arriver, lui aussi emmitouflé de la même affreuse façon que le bassiste, ces horreurs semblant être fournies par l'établissement.
_ Par contre, vous devriez allez vous couvrir un peu, ce serait bête de tomber malade pour débuter votre vie d'adulte non ? poursuivit-il avec sa bienveillance habituelle.
Il était vraiment un manager génial, non seulement il faisait son travail mieux que personne, mais en plus il était un réel soutien pour les membres du groupe, oscillant entre un rôle presque paternel, les protégeant et les conseillant sans cesse, et un statut d'ami, partageant avec eux les confidences, les déboires, et surtout les parties de console.
Bill, têtu et trop atteint par la mode pour abdiquer si facilement, refusa d'abord, et fit le fier en prenant quelques jolies photos dans son beau costard. Mais bientôt, frigorifié et claquant des dents, il dû rendre les armes et alla passer une doudoune et des gants, tellement gelé qu'il n'accorda même plus d'importance à leur laideur.
Ils furent bientôt rejoint par Gustav, qui avait joué inlassablement à la roulette mais, dépité d'enchaîner les défaites et découragé par son manque de chance, avait décidé de se consoler en buvant comme un trou, à l'image de ses amis déjà pas loin d'être soûls.
Andréas, qui s'était pris un râteau par il ne savait pas qui (il ne lui avait pas demandé son prénom, enfin, ce n'était pas ce qui l'intéressait voyons !), noyait lui aussi sa peine dans l'alcool, aux côtés de Bill, Tom, David, Georg et Gustav.
Simone, soit Maman Kaulitz, essaya bien de les raisonner et de leur faire la morale, mais ses fils étaient grands désormais et ils pouvaient bien s'amuser un peu, c'était leurs dix-huit ans après tout.
Lorsque la soirée toucha à son terme, le taux d'alcoolémie dans le sang des Tokio Hotel et de leur entourage était donc à son apogée, et c'est en titubant qu'ils rejoignirent leurs chambres d'hôtel respectives, trébuchant presque en sortant des vans, après un trajet mouvementé durant lequel il avait fallu faire des pauses toutes les cinq minutes pour que nul ne rende tout ce qu'il avait ingurgité quelques heures plus tôt.
Les jumeaux, qui partageaient ensemble une des meilleures suite de l'hôtel, y pénétrèrent d'un pas incertain, chancelant sur leurs jambes et ayant la nette impression que les murs tanguaient.
_ Putain, Tom, ça tourne...
_ Ouais je sais, c'est pareil pour moi.
_ J'ai la gerbe.
_ Prends une douche, ça devrait aller mieux après.
_ J'vais me casser la gueule dans la baignoire tu veux dire ! Tomi, fais quelque chose,
je me sens maaal !
L'interpellé, tout de même en meilleur état que son frère, dans un effort surhumain, se baissa pour sortir une bouteille d'eau du minibar et la tendit à Bill.
_ Oh putain non, je bois plus rien ! Encore une goutte de liquide et je vomis jusqu'à
mes tripes !
_ Sois pas débile, c'est de l'eau, ça va te faire du bien.
_ Je m'en fiche, c'est liquide, je peux pas !
Exaspéré, le dreadé s'approcha de son frère pour lui tenir la tête dans les mains, posant ses paumes contre ses tempes et plongeant ses yeux dans les siens pour lui intimer d'un ton autoritaire :
_ Bill, fais ce que je te dis si tu veux éviter de passer la nuit à geindre que tu vas vomir. Tu bois cette putain de bouteille d'eau, et tu vas prendre un bain ! Compris ?
_ Moui... marmonna le chanteur, que les effets de l'alcool rendaient plus docile qu'à l'accoutumée.
Tom alla lui faire couler un bain, et quelques minutes plus tard, il lui tendait une serviette pour qu'il aille se laver et se relaxer un peu, espérant que cela l'aiderait à désoûler. Lui-même n'allait pas très bien, mais il tenait tout de même mieux l'alcool que son double, et il avait toujours eu tendance à se montrer plus fort qu'il ne l'était réellement, ne serait-ce que pour impressionner Bill.
Il sortit de la salle de bain, laissant le brun se débrouiller seul pour se déshabiller et s'installer dans l'eau.
Pour sa part, il enleva rapidement ses vêtements, ne gardant qu'un boxer, et alla s'avachir sur le lit pour enfin fermer ses paupières déjà lourdes de sommeil lorsqu'un cri suraigu lui parvint, suivi d'un bruit mat de chute. Merde, son frère était vraiment trop torché !
Paniqué, il accourut à la salle de bain, espérant qu'il ne s'était rien passé de grave.
Bill était étalé par terre, entièrement nu, l'air hagard et misérable, les yeux mi-clos. Il s'agenouilla immédiatement près de lui, le regardant avec inquiétude.
_ Hé, ça va ? Mince, tu vas bien ? T'as mal quelque part ? Tu peux te relever ? Qu'est-ce qui t'es arrivé ?
_ Ai voulu enjamber le rebord de la baignoire... Ai mal visé... Me suis cassé la gueule.
Tom était partagé entre l'envie de rire et l'inquiétude, il n'arrivait pas à déterminer si son frère s'était blessé ou non.
_ Mais tu t'es fait mal ? Ou ça va ?
_ Ça peut aller.
_ T'es sûr ?
_ Ouais ouais.
_ Bon, ok. Je vais t'aider à te relever, d'accord ?
_ Huhum. se contenta d'acquiescer Bill.
Le dreadé le fit s'appuyer sur lui pour le mettre debout, puis le soutint tandis qu'il entrait dans la gigantesque baignoire de leur luxueuse suite. Il voulut ensuite sortir, mais la voix de Bill le retint.
_ Tomi, pars pas. Reste avec moi.
_ Tu as encore besoin de quelque chose ?
_ Non. Je veux juste pas être tout seul.
_ Bon, d'accord. accepta-t-il après un court instant d'hésitation, malgré sa fatigue. Ainsi, il n'y aurait au moins plus d'accident.
Et tandis que Bill s'installait plus à son aise, Tom lui mouilla un peu les cheveux, massant son crâne avec douceur.
_ J'ai mal au dos. dit soudain Bill.
_ Ah ? C'est sans doute à cause de ta petite chute de tout à l'heure.
_ Fais moi un massage là, plutôt. S'il te plaît.
_ Bill, je suis crevé, ça prendra trop de temps. Demain, promis.
_ Non, maintenant ! S'il te plaît !
Tom soupira. Il ne pouvait vraiment rien refuser à son jumeau.
_ Avance un peu, lui intima-t-il.
Bill, jusque là adossé contre le rebord de la baignoire, ses longues jambes tendues devant lui, s'appuya sur ses mains pour s'en décoller et s'avança, repliant un peu ses genoux et laissant ainsi de l'espace derrière lui. Tom entra à son tour dans l'eau mousseuse et divinement chaude, se plaçant derrière son frère.
Ils étaient un peu à l'étroit, mais pas trop, ce n'était pas désagréable. Autrefois, ils prenaient toujours leurs bains ensemble, mais cela faisait des années que cela ne leur était plus arrivé. Tom se rendit compte que ça lui avait manqué.
Se rappelant pourquoi il était là, doucement, ses phalanges vinrent caresser le dos du brun, insistant sur les points sensibles, appuyant sur ses omoplates avec les paumes, malaxant ses épaules, retraçant sa colonne vertébrale du bout des doigts.
C'était vraiment reposant, et Bill laissa échapper de petits ronronnements de bien être. Le dreadé sourit, il savait ce qui plaisait à son frère, et il en était fier.
S'amusant de l'emprise qu'il avait sur son double, il se mit à souffler doucement dans son cou, faisant apparaître la chair de poule sur son corps. Ses mains passèrent lentement de son dos à ses hanches où elles entamèrent de petits mouvements circulaires. Sa langue, délicatement, alla mordiller le lobe de l'oreille de Bill, qui sous toutes ces attentions câlines et tellement apaisantes, ne retint plus un petit gémissement de contentement.
Étonnamment, cela excita légèrement Tom. Que ce soit le manque de sexe; cela faisait des mois qu'il n'avait pas touché à une fille par peur de blesser son jumeau; ou que ce soit les effets de l'alcool qui lui embrumait l'esprit, le blond sentait qu'il s'échauffait un peu trop au vu de la situation.
Cependant, quoique sa conscience lui hurla de s'arrêter là, il ne put pas s'y résoudre et continua de plus belle, ses doigts allant maintenant effleurer le ventre de son jumeau dont les abdominaux se contractèrent sous le toucher.
Bill haleta un peu et sa tête alla se poser sur l'épaule de Tom, son dos se collant complètement à son torse.
L'index du dreadé alla gentiment taquiner le nombril du brun, s'enfonçant parfois dans l'orifice, lui arrachant quelques gémissement incontrôlés.
Ils étaient en train de déraper, le guitariste le savait, et il fut conforté dans son idée lorsqu'il se rendit compte que son sexe commençait à s'ériger. Bill sembla d'ailleurs le remarquer - ce qui n'était pas difficile vu leur position - puisqu'il demanda d'un ton légèrement surpris : « Tu bandes ? ».
Contre toute attente, cette question, au lieu de calmer les ardeurs de Tom, ne fit que l'exciter davantage, et il devint encore un peu plus dur tandis qu'il bafouillait une réponse, terriblement gêné.
_ Euh, bah euh... ouais... J'suis désolé, je sais pas pourquoi ça m'arrive maintenant... tu sais, ça fait un moment que j'ai pas euh... fait quoi que ce soit, et donc eh bien... enfin voilà quoi, il m'en faut peu pour me mettre dans un état pareil et...
_ Tom, stop, c'est bon. Moi aussi.
_ Hein ? De quoi, toi aussi ?
Pour toute réponse, Bill guida sa main de son ventre vers son intimité, et Tom put remarquer qu'en effet, lui aussi était en érection, et pas qu'un peu.
_ Oh ! Ah, euh... Je vois... Mais euh... Han, mais qu'est-ce que tu fais ?!
Bill avait commencé à se frotter lascivement contre Tom, envoyant des ondes de plaisir dans son sexe emprisonné entre leurs deux corps.
Le dreadé avait les yeux grand écarquillés, il ne s'attendait pas à ce que les choses prennent un tel tournant, vraiment pas.
Il crû que ses globes oculaires allaient sortir de leur orbite lorsque Bill commença à faire bouger sa main restée sur son pénis, lui intimant silencieusement la demande de le masturber.
Certes, lorsqu'ils étaient plus jeunes, il leur était arrivé à de nombreuses reprises de le faire ensemble, côte à côte ou face à face, ce n'était pas étonnant, beaucoup de garçons faisaient pareil entre frères ou même entre amis. Mais se branler mutuellement l'un l'autre, cela par contre ne leur était jamais arrivé.
_ Tomi... Qu'est-ce que tu attends ? Vas-y ! supplia Bill, et le blond ne réfléchit plus.
Sa main entama des mouvements de vas et viens, reproduisant sur son frère ce qu'il avait l'habitude de se faire à lui-même. Ses doigts enserraient le pénis, allant et venant sur toute sa longueur, variant le rythme, tantôt lent, tantôt rapide, faisant des pressions plus ou moins fortes sur le membre, jouant parfois avec le gland dont il caressait de temps en temps le bout, sachant la petite fente qui s'y trouvait extrêmement sensible.
Bill soupirait sans retenue, ses hanches se soulevant malgré lui, s'arc-boutant complètement lorsque le plaisir était trop intense. Ses mouvements imprimaient une pression variable sur la virilité tendue de Tom, le rendant presque fou de désir. Ce dernier fit glisser sa langue dans le cou de son petit frère puis lui mordilla l'épaule tandis qu'il le branlait de plus en plus fort, le faisant gémir sans relâche.
Bientôt, le corps du brun trembla, et dans un bruit de gorge rauque et profond, il se libéra dans la main de son jumeau, avant de s'avachir contre lui pour reprendre son souffle.
Dès qu'il eut quelque peu recouvré ses esprits, Bill prit conscience de la bosse contre son dos, et se rappela que si son envie à lui avait été assouvie, on ne pouvait pas en dire autant de celle de son frère.
Il se retourna tant bien que mal dans l'espace tout de même étroit de la baignoire, et une fois face à Tom, il déposa un léger baiser sur ses lèvres et prit son sexe gonflé de sang dans ses mains délicates pour le satisfaire à son tour.
Le dreadé était dans un tel état qu'il ne lui en fallut pas beaucoup pour atteindre le sommet, et il jouit au bout de seulement quelques allées et venues sur son pénis.
Une fois tout deux comblés, le blond attira son frère contre lui, passant la main dans ses cheveux, déposant de petits bisous sur tout son visage : son front, ses paupières, ses joues, son menton, sa bouche.
Ils somnolèrent ainsi un moment, leurs torses nus collés ensemble, leurs sexes désormais mous et vidés d'énergie reposant entre leurs deux corps, se câlinant faiblement, épuisés. Mais bientôt, l'eau refroidissant les força à se lever, et ils regagnèrent leur chambre.
Ils se couchèrent évidemment dans le même lit, blottis l'un contre l'autre bien qu'ils ne manquent pas de place, Tom n'oubliant pas de souhaiter une dernière fois un joyeux anniversaire à son frère tandis que le sommeil les gagnait.
[...]
_ Aaah, j'ai mal à la tête !
_ Chut, pitié, plains-toi moins fort, ou bien mon crâne va exploser !
Les jumeaux se regardèrent, et malgré le tambour qui semblait battre à toute puissance contre leurs tempes, ils ne purent s'empêcher d'éclater de rire. C'était pitoyable, voilà comment ils débutaient leur vie d'adulte, avec une gueule de bois d'enfer !
Un peu plus tard, alors qu'ils avaient recouvré un état plus ou moins normal à l'aide de plusieurs comprimés contre la migraine, ils rejoignirent David et les G's en bas, dans le restaurant de l'hôtel, afin de déjeuner.
Pendant le repas, ils se livrèrent à un de leurs passe-temps favoris, soit se chambrer les uns les autres. Ils prétendaient tous être celui ayant le mieux tenu l'alcool la veille.
_ Au fait Tom, dis donc, c'est que t'as de l'entraînement tout de même !
Bill releva un sourcil provocateur, l'air entendu. Évidemment, il faisait référence à leur nuit. À l'opposé de ce que l'on pourrait croire, il n'y avait pas le moindre malaise entre les deux frères concernant ce qu'il s'était passé à leur retour de la fête.
Tandis que les autres pensaient que le chanteur parlait de l'alcool, Tom, qui avait très bien compris l'allusion, prit un air des plus innocents pour répondre.
_ Hum, c'est qu'une certaine personne me mène la vie dure.
Bill pouffa à l'entente du dernier terme, très équivoque, tout en ayant conscience que son frère sous-entendait aussi ses efforts pour ne pas ramener de groupies, ce qui l'amenait à souvent se soulager en solitaire, cela expliquant bien pourquoi il avait « de l'entraînement ».
Quelques temps après, un interviewer demanda aux jumeaux « Alors, Bill et Tom, comment s'est passé votre dix-huitième anniversaire ? ».
_ On a fait pleins de choses interdites... répondit Tom, et il jeta un coup d'½il plein de malice à son frère.
_ Oui, on a pris un bain ensemble. renchérit Bill, contenant mal un sourire espiègle. Non, je plaisante ! reprit-il tout de suite. On a surtout fait une super fête avec nos amis les plus proches. termina-t-il sous le regard interrogateur de Georg et Gus qui se demandaient quel délire bizarre avaient encore eus ces deux-là pour répondre ainsi au début.
***
Tom avait maintenant un petit sourire sur le visage. Il avait conservé le magazine avec cette interview, et longtemps après, il en rigolait encore avec son double.
Jamais il n'oublierait cet anniversaire, ses dix-huit ans étaient gravés dans sa mémoire pour toujours, c'était certain.
Il tourna encore une page de l'album : Bill endormi, entouré de peluches, la couette remontée jusque sur son menton, des médicaments et un amoncellement de lettres jonchant sa table de nuit.
***
Le groupe vivait une période difficile. Leur leader était malade, une trachéite, et ils avaient dû annuler deux concerts de la tournée française, ceux de Marseille et Montpellier, les 19 et 20 octobre 2007.
L'inquiétude était à son comble, Bill avait eu une extinction de voix, quoi de pire pour un chanteur ?
Les fans des quatre coins du monde lui envoyaient des missives de toute sortes, pour lui montrer leur appui. Cela aidait Bill et le rassurait, alors on laissait constamment près de lui des lettres et des cadeaux qui lui parvenaient sans cesse.
Tom savait que son frère craignait le ressentiment du public, qu'on lui en veuille d'avoir annulé des concerts. Il entra dans la chambre du malade et s'assit sur le lit, une tisane à la main. Son jumeau dormait, la bouche entrouverte pour mieux respirer car son nez était un peu bouché, serrant un ourson contre lui.
Le guitariste sourit, attendri. Affectueusement, il passa sa main dans ses cheveux ébènes, appelant doucement son nom pour le sortir du sommeil. Le brun gigota un peu, puis finit par entrouvrir les paupières.
_ Allez Billou, on se réveille. Il faut que tu prennes tes médicaments.
Le chanteur obéit, il se redressa avec peine, saisit les comprimés que lui tendait son frère, les mit dans sa bouche et les fit passer grâce à l'infusion qu'il lui apportait. Une fois cela fait, il s'allongea à nouveau, l'air dépité. Il tendit le bras pour saisir une des lettres sur sa table de chevet, et se mit à la lire.
_ Alors, qu'est-ce que ça racontes de beau ? Les fans te soutiennent, n'est-ce pas ?
Bill hocha la tête. Il évitait de trop parler, dans l'espoir de guérir plus vite. C'était très difficile pour lui qui était une vraie pipelette, mais il ne rigolait pas avec sa santé, surtout lorsque cela touchait à sa voix.
Il tapota un peu sur le lit pour que Tom le rejoigne. Celui-ci s'exécuta et les enveloppa tout deux sous les couvertures, puis attira son frère encore plus près, enroulant ses bras autour de sa taille.
_ Tomi, j'ai peur...
_ Je sais. Ne t'inquiètes pas, ça va aller. Tu seras vite à nouveau sur pied, le médecin a dit que ce n'était pas très grave.
Mais Bill ne semblait pas convaincu. Il avait l'air si angoissé ! Ses yeux s'embuèrent et une grosse larme roula sur sa joue. Tom l'essuya doucement du bout de sa langue, ses mains le tenant plus fermement contre lui. L'androgyne enfouit sa tête dans le cou de son frère, et son corps commença à avoir de légers soubresauts tandis qu'il pleurait.
Tom détestait cela, voir son frère souffrir était la pire chose au monde. Il aurait tellement voulu que ce soit lui à sa place, qu'il ai le bras cassé et qu'il ne puisse plus faire de guitare, mais que Bill puisse encore chanter, que sa voix soit intacte.
_ S'il te plaît, ne pleure pas, je t'assure que tu iras vite mieux, que tu ne vas pas perdre ta voix.
Le chanteur ne répondit rien, il continua à sangloter encore un moment puis finit par se calmer et s'endormit à nouveau, tandis que Tom, impuissant à atténuer sa peine, ne pouvait rien faire d'autre que rester près de lui pour montrer son soutien et le rassurer ne serait-ce qu'un peu.
[...]
Le dreadé fut réveillé par de petits chatouillis dans la nuque. Il ouvrit les yeux pour voir que la cause en était Bill, qui y déposait de petits bisous.
_ Déjà debout ?
Le brun acquiesça. Il avait l'air un peu revigoré.
_ Merci Tom. Merci de toujours être là pour moi. Ça doit être chiant de m'avoir pour frère, je cause tout le temps des emmerdes.
_ Chut, tais-toi, ne parle pas, surtout si c'est pour dire des bêtises pareilles.
Ils se sourirent un instant, puis Bill approcha son visage de celui, identique, de son jumeau, pour déposer ses lèvres sur les siennes.
Le contact dura un peu plus longtemps que d'habitude, le brun ne semblait pas décider à se reculer, il paraissait attendre quelque chose. Il finit par détacher leurs bouches, mais Tom sentait qu'il n'avait pas obtenu ce qu'il voulait.
En effet, à peine quelques secondes plus tard, Bill embrassa à nouveau son jumeau, mais cette fois, il passa ses mains autour de son cou et s'allongeant sur le dos, il l'attira sur lui. Tom suivit son mouvement, et tressauta un peu de surprise lorsqu'il sentit la langue de Bill venir caresser son piercing au labret. Son étonnement ne fit que s'accroître lorsque son frère commença à vouloir passer la barrière de ses dents.
Il opposa une légère résistance, voulant se reculer, mais son cadet le tint plus fermement contre lui et grogna un peu de frustration, et cela suffit pour que Tom se laisse faire. Il ouvrit la bouche et immédiatement, le muscle de Bill vint à la rencontre du sien, le touchant timidement au début, puis un peu plus franchement, s'enroulant autour avec sensualité.
Leurs langues se découvraient, et le blond gémit lorsqu'il sentit une petite bille métallique frôler son palais. Il referma sa bouche sur la langue de son frère, l'emprisonnant et la suçant légèrement, et ce fut au tour de Bill de gémir. Reprenant le dessus, Tom enfonça son muscle dans la bouche de son jumeau, y explorant les moindres recoins, allant jusqu'à caresser l'arrière de ses dents.
Le chanteur soupira encore une fois, et cela incita le dreadé à approfondir le baiser, sa langue s'engouffrant profondément dans la cavité buccale de son double.
Ce premier vrai baiser entre eux avait un délicieux goût d'interdit, et ils en redemandaient avidement, ne parvenant pas à se séparer quoique l'oxygène leur manquât.
Finalement, à bout de souffle, ils se détachèrent un peu, Tom mordillant la lèvre inférieure de Bill. Ils se fixaient sans ciller, les joues un peu roses, non pas de gêne mais plutôt d'émotion.
Lorsque le guitariste relâcha enfin complètement la bouche de Bill, rougie et un peu gonflée par leur échange, il colla son front contre le sien, et ses mains qui jusque là avaient tenu ses hanches vinrent doucement encercler son visage, l'effleurant du bout des doigts, descendant de ses pommettes à son menton, glissant sur sa gorge qu'il caressa avec douceur.
_ Je t'aime petit frère. Tu embrasses bien tu sais. ajouta-t-il, taquin.
_ Moi aussi je t'aime. Et tu n'es pas mal non plus... rigola Bill.
Il se reçut une petite tape indignée sur le bras tandis que Tom faisait la moue.
_ Seulement pas mal ?!
Pour toute réponse, le brun attira de nouveau son double contre lui, et leurs baisers reprirent de plus belle, semblant ne jamais vouloir s'arrêter.
Bill ne portait qu'un large tee-shirt et un caleçon, et pendant que leurs souffles se mêlaient, Tom remonta le haut de son jumeau et passa sa main en dessous, redessinant son torse.
Il frissonna lorsqu'il sentit les doigts fins du brun s'affairer à ouvrir son baggy.
Il ne montrait même plus la faible résistance qu'il tentait d'opposer au départ, désormais il ne lui restait aucune conscience de ce qu'il faisait, seul comptait Bill. De toute façon, il en avait toujours été ainsi, il n'y avait toujours eu que Bill qui comptât réellement pour lui.
Il gigota afin de l'aider à lui retirer son pantalon et il le balança à l'autre bout de la pièce d'un coup de pied. Puis il retira son tee-shirt et le sien. Une fois que tous deux ne furent plus couverts que par un léger sous-vêtement, il s'embrassèrent à nouveau, haletant tandis qu'ils se mouvaient l'un contre l'autre pour que leurs érections se frôlent, les excitant davantage.
_ Tomi ?
_ Hum, quoi ?
_ Tu sais, il parait que ça apaise le mal de gorge de sucer.
Tom cessa de bouger, l'air halluciné, se demandant s'il avait bien compris. Il n'eut pas le temps de s'interroger plus longtemps car il se retrouva basculé sur le dos, Bill au dessus de lui, leurs positions s'inversant.
Il ne put que soupirer de bien-être tandis que la bouche de son frère glissait le long de son cou, déposant une myriade de petits baisers, puis sur ses pectoraux, s'attardant sur ses tétons qu'il mordilla gentiment. Il continua ensuite à descendre le long du torse du dreadé, marquant une pause sur son nombril qu'il titilla de sa langue. Puis, avec une lenteur calculée et insoutenable, il descendit encore un peu plus, s'arrêtant lorsqu'il parvint à l'élastique du caleçon de son frère.
Il releva la tête pour voir que Tom le fixait, semblant attendre avec impatience la suite des événements. Alors, se léchant les lèvres de façon aguicheuse tout en regardant son double droit dans les yeux, Bill baissa son sous-vêtement d'un coup sec, révélant sa virilité dure et tendue. Il sembla alors hésiter.
Plus tard, il avouerait à Tom que c'était parce que n'ayant jamais fait de fellation auparavant, pendant un instant, il avait eu peur de le décevoir, lui qui s'était déjà fait sucé tant de fois, et par des filles pas spécialement novices en la matière.
Le dreadé souffla un timide « s'il te plaît », et Bill se décida. Il lécha le sexe sur toute sa longueur, partant de la base vers le gland. Il recommença cette douce torture plusieurs fois, puis, d'un coup, prit le pénis érigé en bouche.
Tom cria sous le choc, c'était tellement bon ! Bill entama des mouvements de vas et viens sur son sexe, sa bouche enserrant fermement l'intimité de son jumeau. Il faisait tournoyer sa langue, son piercing dur qui contrastait avec la douceur de sa muqueuse démultipliant les sensations. Il prenait Tom vraiment profondément, si bien que lorsque celui-ci donnait d'involontaires coups de reins vers l'avant, il était sur le point de s'étouffer, mais cela ne semblait pas lui importer.
Le guitariste quant à lui haletait fort, ses mains allant se loger dans la chevelure de Bill pour lui imprimer son rythme. Lorsqu'il regarda vers son bas-ventre, la vue que lui offrit son jumeau, sa tête s'abaissant et se relevant à la vitesse que ses mains lui imposaient, lui fit un tel effet qu'il ne fut pas loin de jouir.
Bill, sentant sans doute son frère proche, commença à accélérer ses mouvements, pompant avec frénésie, creusant ses joues. En même temps, il avait abaissé son propre caleçon et se masturbait tout en continuant de sucer Tom.
_ Han ! Bill, je vais venir, retire-toi !
Le dreadé voulut repousser son jumeau, mais celui-ci écarta de sa main gauche; la droite s'affairant sur son propre sexe; celle de Tom qui cherchait à le reculer.
Comprenant que cela ne dérangeait pas son frère qu'il éjacule dans sa bouche, le blond se laissa retomber complètement sur le matelas, s'arc-boutant, et tout son corps trembla tandis qu'il se libérait dans la gorge de Bill, qui avala sa semence sans même grimacer.
Le brun fit encore quelques mouvements d'allées et venues sur son propre sexe avant de jouir à son tour puis, essuyant sa main souillée de sperme sur les draps, il remonta à hauteur de son jumeau, s'allongeant à ses côtés.
Tous deux récupérèrent pendant quelques secondes, puis Tom se tourna vers son double et l'enlaça à lui en faire mal. Il l'embrassa goulûment, loin d'être rebuté par le fait que sans doute il restait des relents de ce que le brun venait d'accomplir.
Ce baiser avait le goût de Bill, ainsi que son propre goût à lui, et ce n'était pas désagréable. C'était leur goût, à tout les deux ensemble, et en conséquent, ça ne pouvait pas être mauvais.
[...]
_ Tomi, dis-moi, c'était bien ?
_ Si c'était bien ? C'était... waouh ! Je n'avais jamais ressenti ça.
_ Sérieux ?
_ Ouais, sérieux. À croire que tu es fait pour ça ! blagua-t-il.
Bill sourit, fier et satisfait.
_ J'espère que tu as conscience que désormais, si tu oses poser la main sur la moindre groupie, je te démolis ?
_ Bill, pourquoi j'irais voir des groupies ? C'est toi ma petite amie maintenant, non ?
Il se reçut une petite baffe suivie d'un grand éclat de rire, et il embrassa son jumeau.
Le chanteur n'avait pas tenu vingt-quatre heures avant de bien clarifier les choses, quoique ce fut inutile de le faire.
Tom ne pouvait pas se voiler la face plus longtemps, il savait désormais que, inceste ou pas, il ne voulait pas de quelqu'un d'autre que son frère. Il l'avait su toute sa vie, au fond de lui, mais il ne l'avait jamais réellement accepté jusqu'à ce jour. Certes, il n'était pas vraiment gay, mais Bill était Bill, et il se trouvait que c'était un garçon, alors il ferait avec, ça ne changerait strictement rien.
Quant à ce dernier, il semblait s'être rendu compte depuis un moment déjà qu'il ne pouvait avoir d'autre âme s½ur que son jumeau, que sa réticence à avoir la moindre relation sexuelle avec quiconque venait de là, et que jamais il ne pourrait aimer personne plus que Tom.
C'est ainsi qu'un 19 octobre 2007, à peine deux mois après leur majorité, les jumeaux devinrent, en plus de frères, petits amis.***
Tom avait les yeux brillants d'émotion. Ces souvenirs étaient merveilleux et douloureux à la fois. Ils lui rappelaient tout le temps perdu à se tourner autour, sans jamais oser accepter leurs réels sentiments, se faisant inconsciemment du mal l'un à l'autre.
Comme Bill avait souffert de ses conquêtes ! Chaque fille qu'il baisait était une blessure profonde dans le c½ur de son jumeau.
Le dreadé regrettait tellement ces années gâchées, passées à tourmenter son frère pour se prouver qu'il n'était pas incestueux, passées à s'envoyer en l'air sans jamais atteindre une réelle satisfaction, avec toujours un vague malaise et un sentiment de culpabilité qui lui donnaient envie de se frapper la tête contre le mur.
Et Bill qui pour ne rien arranger se cachait derrière l'excuse d'un romantisme exacerbé afin de ne pas s'avouer qu'en réalité, il lui était impossible de rencontrer le « bon mec » et tomber amoureux, puisqu'il l'avait déjà trouvé depuis longtemps en la personne de son jumeau et qu'il ne pourrait jamais aimer quiconque plus que lui.
Secouant la tête pour chasser ces songes doux-amers, Tom tourna une page, se demandant quel épisode marquant de sa courte vie allait encore se rappeler à sa mémoire.
Il fit un petit sifflement appréciateur tandis qu'il admirait Bill en short de bain hawaïen blanc avec de larges fleurs bleues, croquant dans un magnum avec une sensualité renversante, quoique involontaire et totalement inconsciente, debout au bord de la piscine, des lunettes de soleil noir protégeant ses yeux du soleil.
***
Tom rit de bon c½ur tandis que Bill l'éclaboussait, ses cheveux voletant dans l'air, portés par la brise marine.
Ils baignaient jusqu'à la taille dans une mer paradisiaque, aussi bleue que le ciel au dessus de leurs têtes, et à température exquise, réchauffée par le soleil qui brillait de tout ses feux.
Tom s'allongea en arrière et se laissa flotter, ne redressant que sa tête sur laquelle ses dreads étaient remontés en une sorte de chignon désordonné pour éviter de les mouiller entièrement, seuls ses épaules et son pied gauche remontant à la surface.
Son frère continua à l'asperger, et pour se venger, le blond battit des pieds, lui envoyant des flopés d'eau à la figure.
Bill poussa un cri indigné tout en gloussant et se protégeant le visage, puis, pour mieux se défendre, il se tourna, et une fois dos à Tom, il tenta tant bien que mal de continuer la bataille avec son frère en poussant ses mains vers l'arrière, rejetant de l'eau derrière lui.
L'attaqué essaya de se protéger avec ses paumes qu'il leva face à lui, sans réel succès, et il admit sa défaite dans un grand éclat de rire. Il se serait bien jeté sur son cadet pour se venger en le submergeant, mais tout deux portaient des lunettes de soleil et il ne voulait pas risquer de les perdre dans l'océan.
Après un commun accord visant à arrêter là les hostilités, les jumeaux décidèrent de s'en retourner à la plage.
Le sable mouillé laissa bientôt place à un sable fin et brûlant sur lequel ils marchèrent sur la pointe des pieds, courant presque pour rejoindre plus vite leurs affaires les attendant sagement sur le rivage et ne plus sentir la morsure de la chaleur sur leur voûte plantaire. Ils s'affalèrent sur leurs serviettes de bain, à l'ombre de la végétation verdoyante.
Cet endroit était réellement édénique, et présentait un cadre parfait pour se ressourcer, loin de tout, du travail, des fans, de la célébrité. Ici, ils n'étaient que deux jeunes adolescents anonymes.
Ils ne regrettaient pas d'avoir à nouveau choisi les Maldives pour destination de vacances !
En plein décembre, alors que l'Europe toute entière tremblait de froid, eux se pavanaient dans leurs maillots assortis, hawaïen blanc couvert de larges fleurs bleues pour Bill, et de larges fleurs rouges pour Tom. Ils passaient leurs journées à se baigner- que ce soit dans la mer ou dans la piscine de leur somptueux hôtel-, à se relaxer- jacuzzi, sauna, massages, tout y passait-, et à se dorer la pilule- confortablement installés sur un transat au bord du grand bassin extérieur de l'établissement où ils séjournaient, sirotant un cocktail et fumant une petite cigarette, ou bien simplement étendus sur la plage.
Ils avaient vraiment besoin de cette pause, ils étaient épuisés et à bout, et la tournée allait bientôt commencer, ils se devaient d'être en forme pour assurer sur scène.
Ils n'étaient partis que tout les deux, sans personne, ni famille, ni ami, ni staff, pas même un garde du corps. Ils voulaient être seuls, enfin tranquilles ensemble, et quoiqu'ils doivent encore rester très prudents, principalement par crainte des paparazzis qui à coup sûr parviendraient à retrouver leur trace, ils pouvaient malgré tout être un peu moins sur leurs gardes qu'à l'accoutumée, ne plus être constamment vigilants et ne plus ressentir en permanence la peur de se trahir à la moindre parole de travers.
Vérifiant d'un coup d'½il circulaire que personne n'était alentour, Tom se pencha sur Bill et l'embrassa passionnément, lui coupant le souffle.
Il ne le savait pas, mais il avait eu énormément de chance : si son geste avait été fait à peine une heure plus tard, un paparazzi aurait détenu le scoop de l'année.
Mais, à peine une heure plus tard, Bill somnolait, la tête penchée vers l'arrière, tandis que Tom regardait le paysage, un peu engourdi par la moiteur du climat.
C'est un cliché de deux frères étendus sur la plage, quoi de plus normal, qu'obtint le photographe, ce qui l'emplit déjà de joie. Cela suffirait amplement à lui fournir une bonne paye puisque c'était des Kaulitz qu'il s'agissait et que tout ce qui les concernait était une garantie de salaires mirobolants, ces garçons étaient une vraie mine à or !
Le paparazzi s'en retourna, satisfait, sans se douter un instant que s'il n'avait pas répondu à un appel qu'il jugeait important, perdant ces cibles de vue durant un court moment, il aurait pu mettre aux oubliettes ses photos des jumeaux se baignant ou se reposant sur le rivage, et il aurait touché le gros lot grâce à une preuve irréfutable d'inceste.
[...]
Tom se mordit la lèvre en regardant son frère. Celui-ci, portant simplement son short de bain, un bracelet en argent qui avait la forme d'une épaisse chaîne, et ses lunettes de soleil, croquait dans un magnum avec une sensualité folle, et le pire était qu'il ne le faisait absolument pas exprès.
L'esprit du dreadé se mit à tourner à toute vitesse tandis qu'une multitude de scénarios plus envoûtants les uns que les autres défilaient dans sa tête, ses yeux fixés sur la bouche de Bill.
Il vit un petit éclair métallique, et un frisson le parcourut tandis qu'il revivait en imagination les merveilles que ce piercing pouvait faire sur une certaine partie de son anatomie.
Il se perdit dans sa contemplation, il lui semblait presque entendre le bruit du chocolat qui craquait sous la morsure des dents, il l'imaginait fondre avec douceur sur la langue de son frère, emplissant sa gorge d'un délicieux goût sucré.
Le brun se mit à sucer la glace qui restait sur le bâtonnet, et le guitariste se surprit à vouloir être lui aussi de la glace. Il fondrait sous les coups de langues de son double et il irait se perdre dans sa cavité buccale chaude et humide...
_ Je te fais tant d'effet que ça ?
Tom sursauta, sortant de ses pensées de plus en plus déviantes, et vit le sourire moqueur de Bill qui observait son entrejambe avec une petite moue de satisfaction.
Le blond baissa les yeux à son tour pour remarquer avec surprise qu'il était en érection. Il lui en fallait peu dis donc ! Il rougit, et son frère se mit à rire.
_ Allez, c'est rien, juste que je suis irrésistible ! Maintenant, noue ta serviette autour de ta taille, ce n'est pas la peine que tout le monde vois ça, et suis-moi, je crois qu'on sera mieux dans notre chambre...
Sans se faire prier, le blond, dans des gestes empressés, obéit à son frère, et s'il ne lui restait pas un semblant de dignité, il aurait volontiers couru jusqu'à leur suite, mais un regard noir de Bill, qui semblait avoir compris ces intentions, le calma, et il ralentit le pas.
Les deux minutes que durèrent le trajet lui semblèrent des heures, et sa main trembla un peu tandis qu'il ouvrait la porte.
Dès qu'ils furent à l'intérieur, il se jeta sur son jumeau, le plaquant contre le mur, sa langue s'insinuant dans son cou, butinant sa gorge de milles baisers, glissant de plus en plus bas, d'abord sur ses pectoraux, puis ses abdominaux, son nombril...
Le souffle de Bill se fit erratique tandis que Tom, atteignant le bord de son short, abaissa cette unique barrière, le dénudant entièrement, et ses yeux se fermèrent tandis que le blond le prenait en bouche, ses joues se creusant tandis qu'il l'enfonçait profondément dans sa gorge.
Il s'adossa au mur, vacillant sur ses jambes qui avaient du mal à le porter tant le plaisir était intense, et sa main défit le chignon précaire de son jumeau afin d'agripper ses dreads, il avait besoin de quelque chose à quoi se raccrocher.
Le blond ajouta ses doigts sur la base du pénis qu'il enserra, le branlant tout en continuant sa fellation, sa main remontant et descendant en même temps que sa bouche.
La sensation était indescriptible, le chanteur avait l'impression que son sexe entier était gobé. C'était si bon !
Les succions de son frère sur son membre s'accentuaient de seconde en seconde, et Bill haletait, peinant à respirer. Il se sentait venir, ça ne serait plus très long à ce rythme.
_ Tom, arrête. Tomi, han, stop je te dis ! Je ne veux pas jouir maintenant, pas tout de suite, arrêtes-toi !
L'interpellé, comprenant que son double tenait à prolonger les festivités, cessa net son activité.
Se relevant, il déposa de petits bisous dans le cou de Bill tout en lui caressant la joue, il savait que le moment n'était pas très agréable pour lui, devoir s'arrêter au bord de la jouissance était toujours extrêmement frustrant, et le brun avait à n'en pas douter dû faire preuve de beaucoup de volonté pour lui demander de se stopper à un instant si crucial.
_ Billou, pourquoi tu ne veux pas que je te finisses ?
_ Parce que.
_ Ce n'est pas une réponse...
_ Aujourd'hui, je veux aller plus loin. Tom, je veux que tu me fasses l'amour.
Le dreadé déglutit tandis que son ventre se tordait d'anticipation. Cela faisait environ deux mois qu'ils formaient un couple, et ils n'avaient pas encore passé ce cap, aucun d'eux n'étant réellement prêt. Mais désormais, il était vrai que les préliminaires commençaient à leur sembler un peu insuffisants, et ils restaient toujours un tantinet sur leur faim.
Cependant, ce n'était pas une décision qu'il fallait prendre à la légère.
_ Tu... tu es sûr ?
_ Oui.
_ Tu veux vraiment hein, tu es complètement certain que tu as envie ?
_ Oui...
_ Vraiment vraiment hein, tu ne regretteras pas après ?
_ Tom ! Je te dis que oui !
_ Okay, okay, j'ai compris ! C'est juste que, je sais à quel point c'est important pour toi, et ça l'est pour moi aussi, et je ne voudrais surtout pas que tu en gardes un mauvais souvenir. Mais puisque tu es sûr de toi...
Il l'embrassa amoureusement, mettant tout ses sentiments dans son baiser, puis, lui prenant la main, il l'entraîna dans leur chambre.
C'était le cadre idéal pour leur première fois. La baie vitrée du balcon attenant à la pièce donnait vue sur l'étendue de la mer turquoise, et malgré les stores clos, on pouvait encore entr'apercevoir le paysage magnifique.
Une agréable brise, parvenant à s'introduire d'entre les rideaux ondoyants qui recouvraient la fenêtre ouverte, balayait la pièce, tandis que le bruit des vagues lui conférait une ambiance magique.
Un grand lit au draps de soie beige trônait au c½ur de la chambre, pure incitation à la luxure. Ils s'y allongèrent, et Bill retira le maillot de bain de Tom afin que tout deux se retrouvent nus.
Le dreadé se plaça au dessus de son frère, entre ses cuisses, et il se mit à se mouvoir d'avant en arrière, faisant se frotter leurs deux membres tendus alors qu'ils soupiraient d'aise à ce contact.
Tom fit passer ses mains dans le dos de Bill et les redescendit avec douceur, jusqu'à ce qu'elles atteignent ses fesses qu'il se mit à malaxer, s'amusant parfois à les écarter légèrement afin de passer un doigt dans la raie qui les séparait.
Sentant qu'il pouvait aller plus loin, il présenta son index et son majeur à son frère qui les suça avec un air provocant, le fixant droit dans les yeux tandis qu'il faisait tournoyer sa langue tout leur long.
Une fois ses doigts humidifiés, le blond les redirigea vers l'intimité de son cadet et, précautionneusement, regardant le visage de son jumeau avec attention pour s'arrêter au moindre signe de refus, il commença à introduire un doigt en lui.
Il fit passer sa première phalange sans problème, de même pour la deuxième, mais à la dernière, il sentit que Bill se tendait un peu. Il l'embrassa tendrement, ce qui suffit à le calmer presque complètement, et tandis que leurs langues se mêlaient, il fit glisser entièrement son doigt en lui.
Le chanteur poussa un petit couinement et Tom s'inquiéta, il n'aurait peut-être pas dû...
_ Ça va ?
_ Oui. C'est juste... bizarre.
_ Si jamais tu veux que j'arrête, surtout tu me le dis, ok ?
_ D'accord, t'inquiètes pas.
Leurs lèvres se joignirent à nouveau tandis que, délicatement, le dreadé faisait bouger son doigt en lui, essayant de l'habituer à cette intrusion étrangère.
_ C'est bon, tu peux ajouter l'autre. souffla le brun entre deux baisers.
Il avait peur, mais il voulait le faire, il en avait envie, il en avait besoin.
Obéissant, Tom entreprit de faire pénétrer un second doigt en son jumeau. Celui-ci se crispa à nouveau.
_ Shht, Bill, détends-toi. Respire un grand coup. Voilà, c'est bien.
Le jeune chanteur s'accrocha aux épaules de son double et lui mordit l'épaule tandis qu'il insinuait son index en lui. Le blond ne se plaignit même pas de la morsure, pourtant assez forte : des traces de dents restèrent marquées sur sa peau et il saigna même un peu.
_ Tomi, ne t'arrêtes pas, mais j'ai mal.
_ Je sais. Continues à me mordre quand la douleur est trop forte, ou griffe-moi, en
tout cas partages avec moi, je ne veux pas que tu sois le seul à souffrir.
Bill sourit en hochant la tête.
_ Je t'aime Tomi. Tu es un grand frère génial.
_ Je t'aime aussi. Tellement...
Leurs bouches s'unir tandis que leurs langues se cherchaient avec ardeur. Le dreadé commença à écarter ses doigts en Bill, faisant des mouvements de ciseau pour mieux le préparer à l'acte. Le brun le griffa violemment dans le dos, laissant de longues traces rougies et gonflées sur ses omoplates.
Ils gémirent tout les deux. C'était douloureux, certes, mais excitant à la fois.
Le blond continua à bouger son index et son majeur, les faisant aller et venir, et soudain Bill se cambra, poussant un petit cri.
_ Bill ? Ça va ?
_ Putain, recommence !
Tom sourit. Il semblait qu'il avait trouvé le point sensible de son frère. Il réitéra son geste, appuyant au même endroit que précédemment, et la réaction ne se fit pas attendre chez le brun, qui laissa retomber sa tête vers l'arrière en gémissant.
_ Han, comment tu fais ça ? C'est génial ! Refais-le encore, s'il te plaît !
Il s'exécuta, le faisant soupirer de plaisir.
_ Tu sais quoi ? Je crois bien que j'ai trouvé ta prostate. lui murmura Tom à l'oreille,
un sourire triomphant étirant ses lèvres.
Les yeux de Bill s'assombrirent de désir.
_ Prends-moi. Je suis prêt.
À l'entente de ces mots, si crus, mais si sexy lorsqu'ils étaient prononcés par son jumeau, le guitariste sentit comme un choc électrique montant de son bas-ventre à son cerveau le parcourir.
_ Il nous faut du lubrifiant. Oh non, merde, mais on en a pas !
_ Dans ma valise, la pochette bleue. Il y en a un tube dedans.
Le dreadé le regarda avec étonnement et Bill rougit un peu.
_ Bin quoi ? Je m'étais dit que ces vacances, ce serait sans doute une très bonne occasion de le faire, j'ai été prévoyant, c'est tout...
_ Tu as eu raison. le coupa-t-il en souriant.
Et il s'empressa d'aller farfouiller dans les bagages pour trouver l'objet convoité. Il le repéra vite, et s'en emparant, il rejoignit son frère, mourrant d'impatience. Il était à bout, encore un peu et il perdrait la tête tant son désir était fort.
Se rallongeant entre les jambes du brun, il ouvrit le tube, mais avant d'avoir pu faire quoi que ce soit, son frère le lui prit et versa du lubrifiant dans ses paumes qu'il frotta l'une contre l'autre. Il les passa ensuite sur le sexe de Tom, l'enduisant généreusement de la texture huileuse, et celui-ci frissonna sous le toucher.
Le blond releva les cuisses de son jumeau, ce n'était pas la position la plus simple pour une première fois, mais il voulait pouvoir admirer son visage tandis qu'il lui ferait l'amour, et il savait qu'il en était de même pour Bill.
Lentement, il le pénétra, allant le plus doucement possible pour ne pas le brusquer et limiter sa douleur. Il fit rentrer son gland et marqua une pause pour déposer quelques baisers dans le cou de son jumeau qui avait fermé les yeux et essayait de respirer calmement pour se relaxer.
Lorsqu'il se détendit un peu, ses muscles se relâchant légèrement, il s'enfonça encore, petit à petit, jusqu'à être complètement en lui.
Il était si chaud et bon ! C'était une véritable torture de ne pas pouvoir se mouvoir à son gré en lui, il mourrait d'envie de le pilonner puissamment contre la tête de lit. Mais il devait se retenir, son double n'était même pas encore prêt pour qu'il puisse ne serait-ce que bouger.
Il s'arrêta pour lui laisser le temps de s'habituer un peu à cette présence dans son corps. Il essuya les larmes qui perlaient au coin des yeux de Bill, et se mit à mordiller tendrement sa lèvre inférieure. Il poussa un long gémissement alors que son jumeau se tortillait un tout petit peu sous lui, espérant atténuer sa douleur.
_ Oh mon dieu, Bill, tu es tellement étroit, c'est en train de me tuer !
_ Tomi, j'ai l'impression d'être écartelé, j'ai trop mal ! Bouges, fais quelque chose,
ne restes pas juste comme ça !
_ Tu veux que je me retire ? Ne te force pas pour me faire plaisir, dis-moi si tu veux qu'on arrête.
_ Non, juste, bouges, ça va passer, mais ne reste pas immobile, c'est encore pire !
S'exécutant, Tom recula, avec le plus de délicatesse qu'il pût, puis se renfonça à nouveau. Il recommença plusieurs fois, jusqu'à ce que les grimaces de Bill s'atténuent et que son visage devienne plus serein. Il augmenta alors un peu la cadence, accélérant, et Bill poussa un soupir langoureux alors qu'il frôlait sa prostate. Voyant qu'il était sur la bonne voie, il continua, et bientôt une moue de bien-être prit place sur le visage de son jumeau.
_ Han, plus vite ! Je n'ai presque plus mal, tu peux aller plus fort.
Tom obtempéra, et ses coups de reins se firent plus puissants, plus profonds et plus rapides. Ils se mirent à gémir tout deux, et Bill commença à réellement prendre du plaisir, ondulant ses hanches en rythme.
Leurs deux corps se mouvaient en parfaite harmonie, leurs halètements s'élevaient dans la pièce, ils ne faisaient plus qu'un, leur gémellité était à son paroxysme, jamais ils n'avaient été si proches depuis qu'ils avaient quitté le ventre maternel.
Ils étaient à nouveau soudés, se confondant, l'un dans l'autre. De leurs bouches identiques sortaient des sons semblables tandis que leurs yeux noisettes assombrit par le désir plongeaient amoureusement dans leur reflet.
Bill s'accrochait à Tom comme si sa vie en dépendait, et celui-ci l'agrippait pareillement. S'ils avaient pu, ils se seraient fondus l'un dans l'autre, retrouvant leur état premier de cellule ½uf, avant la division qui avait fait d'un seul être deux personnes à part.
Ce qu'ils faisaient en ce moment même, ce n'était pas une chose répugnante et contre-nature, oh non, cet inceste était inscrit dans leur destin, depuis leur conception, ils étaient fait l'un pour l'autre, fait pour ne faire qu'un, et peu importe si le monde ne pouvait pas comprendre.
Bill donna des coups de bassin vers le haut, faisant s'enfoncer son frère au plus profond de lui, et celui-ci remonta davantage ses cuisses, modifiant l'angle de pénétration de façon à s'insinuer encore plus loin.
Tout deux étaient proche de la délivrance, ce ne serait plus très long, le plaisir était trop intense.
Les coups de butoir du dreadé devinrent acharnés, il s'engouffrait jusqu'à la garde à chaque fois, frappant de plein fouet la prostate de son jumeau. Il sentait que la jouissance de son double était imminente.
Il se retira presque complètement, ne laissant que le bout de son sexe en Bill, qui gémit de frustration, cherchant à le ramener en lui en faisant pression avec ses jambes qu'il avait enroulées autour de sa taille.
Puis soudain, d'un coup brusque, Tom s'enfonça entièrement en son double, lui arrachant un hoquet de surprise et de plaisir tandis qu'il jouissait puissamment entre leurs deux corps, sa semence se répandant sur leurs ventres. Tandis que l'orgasme se répercutait dans tout ses membres, le faisant trembler de volupté, son anus se mit à se contracter sous l'extase, envoyant des pulsations dans le pénis de Tom qu'il enserrait dans son étroit étau.
C'en fut trop pour le dreadé, qui atteint le sommet de la luxure à son tour, se répandant en Bill dans un cri rauque, faisant gémir ce dernier lorsqu'il sentit la semence couler dans son intimité.
Le blond s'écroula sur son jumeau, exténué.
_ Je t'aime petit frère. lui murmura-t-il à l'oreille
_ Je t'aime aussi. Reste encore un peu en moi.
Tom acquiesça, et il déposa un petit baiser sur les lèvres de son double.
Malheureusement, son sexe se dégonflait, et bientôt il glissa hors du brun, forcé de quitter sa douce chaleur intérieure.
Ils s'endormirent blottis l'un contre l'autre, comblés et dans une réelle plénitude. Une proximité qui, depuis plus de dix-huit ans, leur avait fait défaut, était enfin retrouvée, et pour la première fois, ils se sentaient totalement complets.***
Le c½ur de Tom battait la chamade, prêt à exploser tant il était empli d'amour. Il y avait trop d'affection dans un organe si petit, c'en était presque douloureux.
C'était là le plus beau jour de sa vie qu'il venait de revivre en imagination. Sa première fois avec son double. Merveilleux était le qualificatif qui lui apparaissait le plus adapté pour évoquer ce moment.
Par la suite, ils avaient recommencé un nombre incalculable de fois, dans toutes les positions imaginables, et dans tout les lieux imaginables.
Combien d'hôtels renfermaient les souvenirs de leurs ébats ? Combien de coins sombres avaient accueillis leur embrassades à l'abris des regards indiscrets ? Combien de draps avaient été souillés de leur sperme mêlé ?
Désormais, Georg, Gus et même David étaient au courant de leur relation, les jumeaux leur avait avoué peu après leur retour des Maldives. Ils n'auraient pas pu vivre en cachant cela aux personnes qui partageaient leur quotidien, ç'aurait été intenable, ils auraient fini fous et paranoïaques, c'était déjà bien assez difficile de devoir le dissimuler auprès de leur famille et du public.
Depuis, ils avaient des tourbus séparés, afin que personne ne soit gêné en tournée, parce que bon, les chambres avec quatre couchettes, c'est moyen lorsque deux des occupants n'ont qu'une idée en tête, se faire sauvagement l'amour.
Leur manager et leurs deux acolytes du groupe avaient plutôt bien reçu la nouvelle. Ils avaient tout d'abord crû à une blague, même lorsque les jumeaux s'étaient roulés une pelle pour leur prouver le contraire, mais lorsqu'un peu plus tard, ils les avaient vus s'enfermer dans la salle de bain d'où s'étaient ensuite distinctement élevés des sons qui ne trompaient pas sur leur activité, ils s'étaient regardés abasourdis, avant d'éclater de rire pour cacher leur malaise.
_ Putain c'est pas vrai, j'ai toujours su que ces mecs sont tarés, mais alors à ce point, j'aurais pas pensé ! s'était exclamé Georg sur le ton de la plaisanterie, les yeux ronds comme des soucoupes.
_ Ils sont pas nets ces gars, je ne comprendrais jamais ce qui m'a poussé à m'intéresser à eux et à les prendre sous mon aile, j'avais pourtant bien le pressentiment qu'ils me feraient toutes les crasses possibles ! avait renchérit David en secouant la tête, dépité.
_ N'empêche que, les fans avaient raison depuis le début, avec leurs espèces de dessins pornos des jumeaux qu'elles tentaient de leur faire signer et leurs histoires bizarres qu'elles imprimaient pour leur envoyer. Leur délire là, le « twincest », n'était pas si absurde que ça au final, elles avaient visé juste... ajouta Gus, pensif.
C'est cet instant que choisirent Bill et Tom pour sortir de la salle de bain, en peignoir et les joues encore rouges, un peu essoufflés et un sourire triomphant sur les lèvres.
_ Alors, vous nous croyez maintenant ?
Pour toute réponse, David se prit la tête dans les mains en geignant, Georg se frappa la tête contre la table trois fois de suite dans un accès de désespoir, et Gus sourit d'un air entendu en relevant un sourcil, l'air pervers.
Après tout, ces deux-là avaient toujours eu une relation trop fusionnelle, ils avaient toujours semblés trop proche, ce n'était même pas si étonnant que ça de leur part, et c'est sans doute pourquoi leur annonce n'avait pas tant choqué qu'on aurait pu le penser.
Tom, regardant cet album qui avait remué tant de choses en lui, qui avait ramené à la surface les moments les plus importants de sa vie, qui lui avait, en quelque sorte, raconté une histoire en mobilisant ses souvenirs d'avec Bill, eut un sourire quelque peu désabusé.
Son jumeau n'avait pas raté son coup, ce cadeau était le meilleur qu'il aurait pu lui faire. Et ce n'était pas terminé, il restait encore quelques pages. Curieux, Tom se demandait ce qu'elles pouvaient bien lui réserver. Il en tourna une, et son souffle se coupa presque. Cette photo là, il ne la connaissait pas, pour sûr, il ne l'aurait sans doute pas oubliée !
Bill portait ses santiags, un chapeau de cow-boy, et n'avait rien d'autre sur lui à l'exception d'une ceinture à laquelle étaient accrochés deux holsters contenant des pistolets sans doute faux mais très bien imités. Il se tenait à quatre pattes sur un canapé de cuir qui semblait être celui du salon de leur appartement à Berlin, et la photo, prise de profil, laissait voir sur sa cuisse une inscription au feutre marron qui disait « Chevauche-moi gangster ! ».
Tom n'en croyait pas ses yeux, son jumeau était vraiment dingue... et carrément bandant ! Il tourna une autre page, impatient de voir ce que son double avait bien pu encore imaginer, et il sentit la chaleur dans la pièce monter d'un cran.
Bill, debout devant le radiateur d'un quelconque hôtel, tenait avec ses mains un casque de pompier qu'il avait dégoté dieu savait où et avec lequel il recouvrait ses parties intimes. C'était là son seul vêtement. On pouvait lire sur son torse, inscrit à l'aide d'un rouge à lèvre bien sanglant, « Viens éteindre le feu qui brûle en moi avec ton long tuyau verseur de liquide ».
Si cette vision avait été moins érotique, Tom aurait sans doute éclaté de rire à la lecture de la phrase, mais tout ce qu'il pu faire fut de déglutir bruyamment.
Avec un mélange d'appréhension et d'impatience, il feuilleta à nouveau l'album. Son sexe commença à durcir alors qu'il regardait l'image avec incrédulité.
Son jumeau était étendu sur la table de leur salle à manger, et portait un serre-tête avec de longues oreilles de Bugs Bunny en fourrure noire. Il était couché sur le dos, ses genoux repliés tandis qu'il écartait outrageusement les jambes, ses bras pendants le long de son corps entièrement dévêtu, tenant dans sa bouche une carotte érigée en l'air de façon plus que suggestive. Sur son ventre était inscrit au marqueur : « Au menu de ce soir, lapin fourré ! ».
Complètement estomaqué par l'effronterie de Bill, le dreadé s'empressa de tourner une page pour voir la suite. Il faillit s'étouffer et son pénis pulsa dans son caleçon.
Son double, terriblement sexy, se tenait debout devant la baie vitrée d'un hôtel à New-York, on le devinait grâce aux gratte-ciels visibles en arrière plan. Il ne portait qu'une chemise sans manches, déboutonnée et déchirée par endroits, sur laquelle un badge indiquait « Armée de l'air ». Il tenait dans la main son avion téléguidé favori qu'il gardait depuis des années et qu'il avait baptisé Jumbi. Ses bras étaient recouverts d'une phrase au feutre vert qui mit bout à bout donnait « Fais-moi décoller et emmène-moi jusqu'au septième ciel. »
Le guitariste referma sa bouche qui s'était légèrement entrouverte, béat. L'album touchait bientôt à sa fin, il pouvait le voir. Il tourna l'avant-dernière page, ce qui ne fut pas pour calmer son début d'érection.
Bill était diablement sensuel sur cette prise de vue. Il était assis sur une chaise à côté de son bureau sur lequel traînaient plusieurs manuels d'instruction. Il portait des lunettes d'intello qui lui donnaient un air absolument indécent lorsqu'on voyait qu'il ne portait qu'une cravate en lieu de tenue. Il tenait un livre de science à la main, et on pouvait lire sur ses cuisses, très haut placé, côtoyant de près ses parties intimes à découvert, « Aujourd'hui, nous allons étudier en profondeur l'anatomie masculine ! ».
Tom geignit, son frère voulait sa mort ! Franchement, il allait faire une crise cardiaque avec cette débauche de provocations plus aguichantes les unes que les autres !
Fermant les yeux pour se calmer et chassant tout les scénarios érotiques qui lui venaient en tête, il tourna la dernière page de l'album. Son c½ur rata un battement.
Bill était totalement nu cette fois-ci, sans le moindre artifice, étendu sur le lit de leur appartement à Berlin, complètement offert, sa chevelure éparse sur l'oreiller, jetant un regard langoureux vers l'objectif en se mordillant avec sensualité la lèvre inférieure. Une petite légende sur le bord de la photo, écrite de sa propre main, complétait l'effet envoûtant du cliché : « Je t'appartiens entièrement. Je t'ai donné des idées, maintenant, c'est à toi de voir ce que tu veux me faire, je me plierais au moindre de tes désirs. »
Et tout en dessous de la page, un petit mot :
« J'espère que mon cadeau t'a plu. Je t'aime mon ange.
Ton Billou. »
Si son cadeau lui avait plu ? Tom n'aurait pas pu espérer mieux. Ce que lui avait offert Bill, c'était le plus beau de tout les romans, un roman qui n'avait pas besoin de mots, qu'il fallait lire grâce à ce que remémoraient les illustrations, et qui était indéchiffrable pour tout autre qu'eux. C'était leur histoire, celle de leurs souvenirs communs, de leur amour, de leur inceste.
Le dreadé sourit puis alla ranger l'album dans ses bagages, à l'abri des regards indiscrets. Puis il prépara son propre présent pour son jumeau.
En ce premier septembre 2009, ils fêtaient leurs vingt ans, vingt années à ne vivre que l'un pour l'autre. Et depuis presque deux ans, leur attachement était encore plus fort, à s'aimer comme des frères, à s'aimer comme des amants, ces deux amours réunis devenant si forts qu'il leur semblait toujours que leur c½ur aller exploser sous un trop plein de passion.
Se déshabillant complètement, le guitariste s'allongea sur le lit, attendant la venue de son frère qui ne saurait tarder. Celui-ci avait sans doute profité de la répétition instrumentale, à laquelle il ne participait pas et qui faisait que Tom était absent, pour déposer son album en douce dans leur chambre puis s'éclipser afin de donner à son jumeau le temps de parcourir son cadeau jusqu'au bout. Désormais, il ne serait plus long à venir le rejoindre, ayant probablement prévu qu'à cette heure-ci, il aurait fini et l'attendrait impatiemment.
En effet, à peine une demi-heure plus tard, le bruit d'une carte magnétique passée dans la serrure automatique se fit entendre, suivi du cliquetis de la porte qui se déverrouillait, et une mince silhouette passa sa tête dans l'entrebâillement avant d'entrer dans la pièce avec une sorte d'hésitation et de timidité adorables.
Bill était beau, comme d'habitude, ses longs cheveux de jais soigneusement lissés et son visage légèrement maquillé, avec juste un peu de crayon noir pour souligner son regard et une mince couche de gloss clair. Il portait un simple jean slim, savamment effiloché par endroits, et un tee-shirt noir sur lequel étaient dessinée une tête de mort surplombée par des ailes d'ange. Étonnamment, il ne portait que très peu de bijoux, rien à l'exception du même bracelet qu'il avait constamment sur lui lorsqu'ils étaient aux Maldives.
Ses yeux firent rapidement le tour de la chambre et se posèrent sur Tom, et l'on put clairement les voir s'assombrir de désir tandis qu'il s'approchait d'une démarche féline.
Le blond était allongé sur le lit, entièrement dévêtu, ses longues dreads dénouées retombant sur ses épaules finement musclées. Il avait l'air tout droit sorti d'une gravure mythologique, rappelant les Dieux grecs, de par sa carrure de rêve, de par ses traits frôlant la perfection, si bien dessinés, de par sa pose alanguie, s'appuyant sur un coude pour se redresser légèrement, ses longues jambes étendues devant lui, la gauche légèrement repliée, tout son être appelant à la luxure...
Bill vint se coucher à côté de lui, et passa sa main derrière son cou pour l'attirer à lui. Leurs bouches pulpeuses s'unirent et leurs langues se cherchèrent avidement, mêlant leurs salives.
Tom retira les vêtements de son double sans plus attendre. Il le voulait nu, il voulait sentir sa peau contre la sienne, tout de suite. Ce dernier se laissa faire sans protester, puis une fois tout deux en tenue d'Adam, l'aîné se coucha sur son cadet et ils reprirent leurs baisers de plus belle, jusqu'à ce que le brun se détache légèrement pour demander, tout contre la bouche de son frère, « Dis, ça t'a plu alors ? ».
_ Oh que oui. Tu m'as presque mis les larmes aux yeux tu sais, à me rappeler tout ces moments de notre vie.
Bill esquissa un sourire, posant tendrement ses lèvres sur celles de son jumeau en un petit baiser de surface.
_ Et... concernant mes photos, disons, un peu plus personnelles et suggestives ?
_ Hum, eh bien, tu es une vraie nympho, Billie chérie, et jouer la salope te va à merveille, je ne sais pas quoi te dire d'autre.
Le chanteur éclata d'un rire cristallin (d'un rire de pouffiasse auraient plutôt dit Gus ou Georg s'ils l'avaient entendu, mais enfin, tout est relatif).
_ Tu as sans doute lu mon petit mon à la fin ? Celui qui te dit que je suis complètement à tes ordres ce soir et que je ferais tout ce que tu voudras... J'espère que tu as eu le temps de décider ce dont tu as envie ? reprit le brun, un sourcil rehaussé et un air aguicheur sur le visage.
_ Oui, ne t'inquiètes pas pour ça.
_ Parfait ! Alors, que désires mon grand frère pour être comblé ? susurra-t-il, son souffle chaud s'écrasant contre l'épiderme de son jumeau qui frissonna légèrement.
_ T'offrir un cadeau, un peu spécial aussi.
Bill parut décontenancé, ce n'était pas vraiment ce à quoi il s'attendait comme réponse.
Devant son air interrogateur, Tom, inspirant un bon coup, se lança.
_ Je voudrais que tu me prennes.
Le brun écarquilla les yeux de surprise. Soit il rêvait, soit son jumeau était bel et bien en train de lui offrir sa virginité.
En effet, bien que depuis leur première fois ensemble ils aient eu des rapports sexuels plus que fréquemment et qu'ils se soient essayés à maintes positions diverses et extravagantes, ce qui n'avait jamais changé était que Tom tenait toujours le rôle du dominant.
Bill lui avait bien proposé à plusieurs reprises d'échanger, mais le dreadé ne s'était jamais montré très attiré à l'idée d'être le dominé, cela lui faisait peur et il ne semblait pas vraiment prêt. Après tout, il s'était pensé hétéro pendant de nombreuses années et pour lui cela devait être plus difficile que pour son double qui avait très vite pris conscience de son attirance envers les hommes. Et voilà que maintenant, il s'offrait à lui, demandant sans détour qu'il le prenne.
_ Tom... Tu es sûr que c'est ce que tu veux ? Ou tu me proposes ça juste pour me faire plaisir ?
_ Non, j'ai vraiment envie d'essayer de cette façon-ci également. Je t'aime Bill. J'ai confiance en toi. Je n'ai aucune raison de ne pas vouloir le faire dans ce sens là aussi. En plus, je ne tiens pas à mourir bête, et puis tu as l'air de bien prendre ton pied à chaque fois, alors ce sera sans doute mon cas aussi. Je ne voudrais pas passer à côté de quoi que ce soit d'orgasmique tu comprends. finit-il en plaisantant.
Son double rigola avec lui, et ils échangèrent un long baiser amoureux.
_ Ce serait peut-être plus simple si... enfin, si tu te couchais sur le ventre... dit ensuite le brun avec hésitation.
Le blond acquiesça et s'exécuta, roulant sur le ventre et repliant ses bras sous son menton, puis Bill se plaça à califourchon sur le haut de ses cuisses.
Il fouilla dans le tiroir de leur table de chevet et en sortit le tube d'huile parfumée à double usage, pouvant servir à masser ou à lubrifier, qu'ils avaient coutume d'utiliser. Il en versa généreusement dans ses paumes qu'il frotta ensemble, puis en enduit le dos de son jumeau pour lui faire un massage.
Il frictionna ses omoplates et ses vertèbres avec douceur, malaxa ses épaules puis ses hanches desquels ses mains glissèrent jusqu'à ses fesses auxquelles elles firent subir le même agréable sort. Lentement, presque timidement, elles allèrent se perdre dans des contrées jusque là inexplorées, s'engouffrant entre les cuisses de son double. Avec précaution, Bill fit entrer le bout de son index à l'intérieur de l'orifice brûlant et étroit du dreadé, qui se laissa faire sans montrer la moindre résistance. Il inserra complètement son doigt et commença à le bouger délicatement, jusqu'à ce que les muscles qui l'enserraient se décontractent un peu, et alors seulement il le retira.
Tom grogna, il commençait tout juste à apprécier la sensation... Cependant, il se remit très vite à soupirer d'aise tandis qu'il sentit la langue de son jumeau léchouiller sa nuque puis descendre le long de sa colonne vertébrale. Il frissonna alors que le muscle doux et mouillé s'insinuait entre ses fesses, et ses yeux se fermèrent d'eux-mêmes alors qu'il le sentit humidifier son endroit le plus privé.
Lui-même avait déjà fait, quoique assez rarement, des anulingus à son double, mais il n'aurait jamais pensé que la sensation procurée put être si délicieuse.
Il gémit faiblement tandis que son frère léchait son intimité avec plus d'insistance, écartant les globes de ses fesses pour avoir un meilleur accès. Son souffle se coupa et sa bouche s'entrouvrit sur un cri de plaisir muet lorsque son frère fit pénétrer sa langue en lui. Il sentit le piercing du brun buter contre son entrée pour s'y introduire ensuite avec aisance.
Tom se mit à haleter, peinant à respirer normalement. C'était beaucoup trop bon. Il aurait pu jouir simplement avec les petites succions de la bouche de Bill qui englobait son anus et de sa langue qui entrait et sortait de lui.
Remarquant que son frère tremblait et qu'il atteindrait bientôt l'orgasme s'il continuait, le brun cessa son activité buccale et, remontant, il mordilla le lobe de l'oreille du guitariste.
_ Tu veux toujours ? lui demanda-t-il.
_ Oui. Fais moi l'amour.
Avec une douceur infinie, Bill s'engouffra en son double. Une fois qu'il fût entièrement à l'intérieur de lui, il s'arrêta pour lui laisser le temps de s'habituer à sa présence, lui déposant de petits bisous dans le cou pour l'apaiser.
_ C'est bon, tu peux y aller. articula difficilement le blond, le souffle un peu coupé par la douleur lancinante qu'il savait, heureusement, passagère.
Le chanteur entama un lent mouvement de retrait, avant de se renfoncer à nouveau, toujours avec une précaution extrême. Il recommença plusieurs fois, jusqu'à ce qu'il sente son jumeau se décrisper un peu, le passage en lui devenant plus aisé alors que ses muscles se décontractaient.
_ Ça va mieux ? s'enquit-il, sans stopper ses mouvements de hanches en Tom.
_ Huhum, acquiesça ce dernier. Tu peux y aller plus fort.
Bill accéléra alors progressivement la cadence, se retenant au maximum pour ne pas brusquer son jumeau et lui faire inutilement mal. Bientôt, la douleur laissa place à une sensation agréable, qui elle-même se mua en plaisir au bout de quelques allers et venues supplémentaires du brun dans le corps de Tom qui se mit à gémir, encourageant son frère à aller plus vite. Celui-ci donna des coups de reins de plus en plus puissants, empalant profondément son frère sur son sexe.
Le dreadé poussa soudain un cri rauque de pur plaisir.
_ Oh mon dieu, Bill ! Recommence !
L'interpellé s'exécuta, réitérant le mouvement, frappant à nouveau exactement le même endroit au-dedans de son jumeau, qui ne retint pas une nouvelle exclamation de délice. Le brun, comprenant la démarche à suivre, continua à s'enfoncer sous le même angle, touchant de plein fouet la prostate de Tom à chaque fois, lui brouillant la vue tant les sensations ressenties étaient intenses.
Tout deux se mirent à gémirent à l'unisson, des vagues de plaisir parcourant tout leur corps.
Bill se mit à donner des à-coups brutaux et secs, haletant de façon saccadé. Il ne tiendrait plus longtemps, son frère était si chaud et étroit, tellement bon à baiser !
_ Han, Tom ! Je ne vais pas tarder à venir... prévint-t-il.
_ N...Han ! T'arrêtes pas ! Encules-moi encore ! geignit-il en réponse.
Cette demande crûe et explicite excita davantage le brun si c'était possible. Il se promit de tout donner avant de jouir. Il allait faire voir des étoiles à son double !
S'appuyant sur ses deux mains qu'il posa à plat sur le matelas, une de chaque côté de la tête de Tom, il se mit à le pilonner sauvagement, rejetant sa tête en arrière tandis qu'il s'engouffrait de plus en plus profondément en lui, sa bouche entrouverte laissant régulièrement s'échapper de longs gémissements gutturaux.
Le dreadé s'accrocha aux draps tandis que son corps entier tremblait sous les assaut répétés de son frère, et il mordit l'oreiller, étouffant un hurlement de plaisir tandis qu'il éjaculait puissamment contre le lit et son propre ventre. Son anus se contracta sous l'orgasme et Bill, déjà proche, fut incapable de se retenir plus longtemps et il se déversa dans un long râle au plus profond de son jumeau. Ce dernier soupira de contentement en sentant le chaud liquide séminal s'écouler en lui, marque de son appartenance à son double.
Le chanteur, vidé de toute énergie, roula sur le côté, et le guitariste se mit lui aussi de profil, faisant face à son amant. Leurs bouches s'unirent immédiatement, en même temps que leurs corps se collaient l'un à l'autre, et ils s'embrassèrent longtemps, longtemps, jamais rassasiés du contact de l'autre.
Bill porta sa main sur leurs deux sexes, recueillant un peu de leur sperme à chacun, et porta son doigt entre leurs lèvres jointes, mêlant le goût âcre de leur semence à celle de leur salive, tout leurs fluides se fondant, donnant à ce baiser une saveur unique et délicieuse, celle de leur amour, de leur inséparabilité.
Bientôt, ils sombrèrent dans le monde des rêves, leurs membres entremêlés en un amas inextricable, l'air si innocent et si débauché à la fois, érotiques jusque dans leur sommeil.
Ils ne risquaient pas d'oublier un jour leur vingtième anniversaire, oh ça non, sûrement pas.
C'était gravé en eux à jamais, venant s'ajouter à l'histoire de leurs souvenirs, qui s'allongerait encore et encore, pendant de nombreuses années, jusqu'à leur dernier soupir.
***Fin***
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Et voilà, j'espère que ça vous a plu ^^ ! C'est la première fois que j'écris un texte tellement long (46 pages word ! Même ma fiction Death Love, tout ses chapitres mis bout à bout, n'est pas si longue !), et de surcroît dans un laps de temps relativement court (environ un mois).
La demande que j'avais reçue et que je devais traiter était :« Bill et Tom sortent ensemble depuis 2 ans (ils sont frères) et lors de leur anniversaire de 20 ans Bill décide d'offrir un cadeau assez spécial à son frère : il s'agit d'un livre racontant une histoire formée par des photos plus ou moins soft (et plus ou moins habillés) de Bill dans divers endroits. Bill dépose le livre dans la chambre d'hôtel de Tom et attend quelques heures avant de retourner à sa chambre et de le trouver dans une position assez sexuelle. (Lemon à la clé) »
(Pour ceux qui ne sauraient pas, un lemon est une scène sexuelle explicite)
Ah, et au cas où il y en aurait qui se poseraient la question (car sur le forum où j'ai publié mon OS pour le jeu, on me l'a demandé plusieurs fois) de savoir qui a pris les photos érotiques de Bill eh bien... C'est Bill lui-même, évidemment ! Grâce à la fonction retardateur et en plaçant son appareil sur un pied ou tout autre support stable tout simplement.
Et pour finir, svp, laissez-moi des commentaires, c'est très important pour moi d'avoir votre avis, même s'il est négatif !